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Una revuelta sin imágenes

de Pilar Monsell

16mm, couleur, son opt., 14’20, 2021

Un des soulèvements les plus méconnus de notre histoire, la « Mutinerie du Pain », a été mené par des femmes dans la ville de Cordoue au cours du mois de mai 1652. Nous ne connaissons ni les visages, ni les noms de ces femmes. Il n’y a aucune image. Comment récupérer les gestes de résistance de celles que nous n’avons pas pu voir?

Les joues froides

de Louise Bernard Pallas

16mm et 35mm sur vidéo, couleur, son, 16’, 2021

Une femme, un homme, une île. Une belle journée d’été, comme tant d’autres auparavant.

J’ai tenté de mettre en scène l’expérience irrémédiable de la perte de l’être aimé et l’impossibilité du deuil. Afin d’échapper à cette souffrance, le personnage principal a fabriqué une mystérieuse machine capable de projeter l’image de son amoureux, auprès duquel elle passe ses journées dans l’illusion la plus totale. Au cours du récit, les images projetées par la machine se détériorent progressivement grâce à différents procédés de prise de vue en 16mm et en sténopé 35mm.

Das Herz durch Wüsteneyen rennt – Arbeitstitle

de Garegin Vanisian

16mm, couleur, son opt., 15’, 2021

Une femme est seule dans son appartement, séparée de son amour. Un long jour d’été défile. C’est aussi l’histoire d’un tournage qui subit une perte soudaine.
Le film affronte deux séparations, l’une émotionnelle, l’autre cinématographique, mêlant images en mouvement et images fixes.

Le magnétophone

de Noémi Aubry

Super8, HD, Mini DV sur vidéo, couleur, son, 68’, 2021

Histoire de trois femmes et de fantômes d’un pays à l’autre, entre les générations, que nous reste-t-il ?
1952, Angelo part d’Italie pour aller travailler en France, il a un contrat de trois mois mais il décidera de ne pas rentrer comme prévu. Par ce geste, se joue la trajectoire de sa femme et sa fille qui le rejoindront en 1953, laissant leur foyer, leur famille, leur maison pour un pays dont elles ne connaissent rien. C’est leur histoire, à elles, si peu entendue, que j’essaie de recomposer. Et par là, celle de ma propre génération, de notre mémoire.

Los Plateados

de Mariya Nikiforova & Martín Molina

16mm sur vidéo, n&b, son, 11’, 2021

La Bestia est un train qui transporte des marchandises à travers le Mexique ; il est également emprunté par les migrants qui souhaitent atteindre la frontière étatsunienne. Los Plateados («les argentés») étaient un groupe de hors-la-loi au XIXe siècle. Ce film explore les frontières invisibles et les rituels quotidiens.

Portes ouvertes : de L’Abominable au Navire Argo

Du 9 au 11 juillet 2021

Dans ses locaux à La Courneuve depuis dix ans, L’Abominable se voit contraint de déménager à l’été 2022. Pour ouvrir, peut-être pour la dernière fois, ce lieu aux spectateurs et spectatrices, L’Abominable organise des portes ouvertes le week-end du 9 juillet : performance, projection en 35mm, tables rondes et visites du labo sont au programme.

On y discutera cinéma, film argentique, luttes pour les espaces culturels, et du projet du nouveau lieu de L’Abominable, le Navire Argo qui associerait un laboratoire à une salle de cinéma dédiée à l’argentique. On pourra y découvrir un laboratoire complet de cinéma, du développement des originaux à la projection en passant par le tirage de copies et le sous-titrage. Le soir, on y verra des films en plein air, à la tombée de la nuit.

Pour soutenir notre projet du Navire Argo, comme l’on déjà fait plus d’un millier de personnes et de structures n’hésitez pas à signer et à faire signer l’appel à soutien qui se trouve sur le site internet http://navireargo.org. 

Pour des raisons sanitaires, les visites se feront par petits groupes et l’accueil se fera à l’extérieur, dans la cour.

 

PROGRAMME

Vendredi 9 juillet
20h : Ouverture des portes
22h : Projection-performance 16mm de l’Atelier d’Archives Haroun Tazieff, à partir des rushes tournés sur le volcan éthiopien l’Erta Ale

Samedi 10 juillet
À partir de 14h : visites du laboratoire
17h : Présentation publique du Navire Argo : un lieu à bâtir pour le cinéma argentique
22h : Avant-première française, en 35mm, de Los Conductos de Camilo Restrepo

Dimanche 11 juillet
À partir de 14h : visites du laboratoire
17h : Sels d’argent contre mètres carrés – les lieux de cinéma face au foncier. Discussion publique avec MTK, MIRE, le Polygone Étoilé, le Gran Lux, le Cinéma Nova, le Vidéodrome 2, et le Cinéma la clef revival

Entrée libre, restauration sur place le samedi soir.

 


Atelier d’Archives Haroun Tazieff

Vendredi 9 à 22h

Sur l’Erta Ale avec l’Atelier d’Archives Haroun Tazieff

Il y a 7 ans, Frédéric Lavachery, un des enfants du volcanologue et cinéaste Haroun Tazieff récupérait de la poubelle du CNRS des centaines de boîtes remplies de films 16 mm, tournés par son père et ses équipiers sur différents volcans du globe durant la seconde moitié du XXème siècle. Ces boîtes contiennent surtout les traces de fabrications de films : des collections de rushes, des copies de travail, des essais de montages, des chutes… Après avoir vu quelques-unes de ces magnifiques images, nous avons eu envie d’explorer plus en profondeur cette poubelle et nous avons créé l’Atelier d’Archives Haroun Tazieff (AAHT) dans le but d’étudier, de restaurer, d’archiver, et de rendre visible les documents filmiques de ces expéditions.

Les équipes des expéditions Tazieff étaient composées de spécialistes (chimistes, sismologues, géologues, etc.) qui arpentaient les volcans en activité et s’approchaient au plus près des cratères, de la lave et des exhalaisons gazeuses, pour effectuer des relevés et des mesures. Ils tentaient de percer les mystères de ce feu sorti des entrailles de la terre. Les découvertes de ces scientifiques naissaient d’un corps à corps intense avec les volcans. Pendant une quarantaine d’années, ces équipes embarqueront caméras 16mm et caméramans avec eux (le peintre-alpiniste-porteur-cuisinier Pierre Bichet, l’opérateur Daniel Cavillon) pour documenter leur travail, leur quotidien, filmer les habitants des volcans et ces phénomènes telluriques aussi fabuleux que terrifiants.

L’AAHT collabore avec différents laboratoires artisanaux de création cinématographique. Dans ces lieux subsistent le matériel et le savoir-faire spécifique nécessaire à la manipulation de la pellicule. C’est aussi une manière de partager ce trésor avec d’autres. Lors de chaque session de travail dans un laboratoire, nous nous concentrons sur un volcan ou une zone géographique particulière. Nous effectuons collectivement, avec les membres des laboratoires qui le désirent, un travail de restauration, d’archivage et de création en cherchant des manières de montrer ces films.

A L’Abominable nous travaillerons sur l’Erta Ale, « la montagne qui fume ». Ce volcan est situé en Ethiopie dans la vallée du Grand Rift africain. Dans une faille située en dessous du niveau de la mer (donc dans un océan en formation sans eau…), zone désertique très chaude et plutôt inhospitalière, existe cet immense volcan où demeurent deux lacs de lave permanent.

Après une semaine de résidence sur un travail d’archivage et de création à L’Abominable, sera donnée une projection performative ouverte au public le vendredi soir à la nuit tombée.

 


Samedi 10 à 17h

Présentation du Navire Argo – un lieu à bâtir pour le cinéma argentique

Festivals, cinémathèques, lieux de pratique, de formation et de diffusion du cinéma, chercheurs, universitaires, cinéastes et professionnels soutiennent aujourd’hui largement notre projet d’un lieu qui rende visible les enjeux d’aujourd’hui et de demain autour du support film, et associe création et transmission d’un patrimoine matériel et immatériel. 

Nous reviendrons sur le projet d’un tel lieu et sur les perspectives concrètes de sa réalisation.

Cette présentation donnera lieu à plusieurs interventions de personnalités et de professionnels appuyant le projet du Navire Argo, ainsi que de lieux existants partageant la philosophie et ayant des traits communs avec le lieu que nous désirons bâtir. Cette présentation à plusieurs voix ouvrira sur une discussion avec le public.

 


Los Conductos de Camillo Restrepo, 2020

Samedi 10 à 22h

LOS CONDUCTOS de Camilo Restrepo

16mm sur 35mm, couleur, 1,37, son Dolby SR, 70’, 2020

Los Conductos raconte l’histoire de Pinky, un jeune homme qui vient tout juste d’échapper d’une secte religieuse après avoir pris conscience de la manipulation mentale dont il était l’objet. C’est un acte particulièrement violent commis au sein de la secte, auquel Pinky a assisté par hasard, qui a provoqué son éveil. Comme de nombreuses sectes, celle-ci accommodait la foi en Dieu avec des affaires illégales et criminelles. Ce fait lui a révélé sa participation involontaire dans une série de délits et de crimes, commis au nom de la foi, et d’une supposée justice divine.

Pinky, émancipé dans des circonstances qui se dévoilent progressivement, traverse les premiers jours de l’effondrement de la construction morale et religieuse sur laquelle il avait bâti sa vie d’adulte. Se sachant trompé par sa propre foi, il questionne tout, mû par la méfiance qui vient de naître en lui.

Cinéaste de L’Abominable, Camillo Restrepo poursuit son travail de cinéaste sur pellicule depuis de nombreuses années. Après Impression de una guerra (2015) et Cilaos (2017) tous deux Leopard d’argent au festival de Locarno, Los Conductos, prix du meilleur premier film à la Berlinale, est son premier long-métrage. 

Film présenté sur copie 35mm neuve en avant-première.

Site du cinéasteLos Conductos (Berlinale Encounters 2020)


Dimanche 11 à 17h

Table ronde «  Sels d’argent contre mètres carrés – les lieux de cinéma face au foncier »

Cette table-ronde proposera un tour d’horizon de plusieurs cinémas alternatifs et collectifs de cinéastes qui ont su trouver des solutions pour pérenniser leurs espaces ou qui luttent aujourd’hui pour sauver leurs murs. Par une mise en commun de nos stratégies pour résister contre la précarisation de nos lieux, nous essayerons d’apprendre des échecs et des réussites passés pour mieux se projeter vers l’avenir.

Cette discussion regroupera des membres du Cinéma Nova – salle de cinéma et collection film, Bruxelles, du Dispel & l’Atelier MTK – laboratoire de cinéaste,  Grenoble, du Gran Lux – salle de cinéma, laboratoire et collection film, Saint-Etienne, de La Clef Revival – salle de cinéma, Paris, du Polygone Etoilé – salle de cinéma et collectif de cinéastes, Marseille et de Mire – programmation et laboratoire, Nantes.

 


Informations pratiques

Association L’Abominable 
30, rue de Genève
93120 La Courneuve 
http://www.l-abominable.org
http://www.navireargo.org

Accès : RER B La Courneuve-Aubervilliers


Les projections et discussions ont lieu en plein air.

Un usage de la mer

de Fabrizio Polpettini

Super 8 et 16mm sur 16mm, couleur et n&b, son opt., 52’, 2021

Dans ce carnet de voyage librement autobiographique, une série de rencontres aléatoires révèlent les traces laissées par des événements ą moitié oubliés qui ont façonné, d’une manière ou d’une autre, l’histoire de la Méditerranée.

J’ai grandi dans une petite ville côtière du nord de l’Italie. La mer Méditerranée était, depuis mon plus jeune âge, le spectacle le plus familier. À l’âge de six ans, j’avais déjà appris à ramasser les oursins à mains nues, sans me piquer.

Ces dernières années, j’ai été surpris et attristé par l’image que certains politiciens sans
imagination ont voulu donner coller à la Méditerranée : une frontière qui divise, dont les rives seraient habitées par des peuples hostiles.

Par une froide soirée d’automne à Lausanne, il y a quelques années, une rencontre fortuite m’a mis sur la piste d’une quête méditerranéenne, dans laquelle j’ai été accompagné par deux amis cinéastes : Roman de Locarno en Suisse, et Amir de Constantine en Algérie. Ce que nous pensions être une errance dans l’espace s’est avéré être surtout un voyage dans le temps.

Chaque endroit que nous avons visité nous a ouvert une fenêtre sur l’Histoire de cette mer qui a été continuellement agitée par des alliances et des querelles, autant que par les histoires rocambolesques de pirates et renégats.

C’était de ce genre de méchants romantiques dont je rêvais, à l’âge de six ans, en ramassant des oursins.

“absences” et “Après les nuages” à La Parole errante demain, ce samedi 12 juin

A La Parole errante demain, ce samedi 12 juin on aura la chance de voir une projection en pellicule de deux films passés par le labo : “absences” et “Après les nuages” – tous les deux tournés à Bure dans le contexte de la lutte qui s’y mène contre le projet d’un site d’enfouissement des déchets nucléaires.

absences

16mm, n&b, son opt., 5’, 2018

absence ab.sɑ̃s féminin
1) Le fait d’être absent.
2) Défaut de présence à une réunion, à une assignation, à un appel.
3) (Psychologie) Arrêt momentané de la conscience, symptôme de l’épilepsie.
4) (Pluriel) Film réalisé à Bure, en Meuse, à propos d’un projet d’enfouissement des déchets nucléaires.

Après les nuages

Les Scotcheuses

super 8, couleur, son num., 45’, 2020

Après les nuages est un film collectif tourné en pellicule, fabriqué avec et par les opposantes au projet Cigéo, à Bure et alentours, en Meuse et Haute-Marne. Dans notre film, plusieurs univers s’entrechoquent, se croisent, se regardent, se mêlent ou s’évitent. Il y a des gens sous terre, d’autres en surface ou dans les arbres. On a imaginé ce qui se passerait dans un monde contaminé -peut-être – par le nucléaire où certaines personnes contrôlent, d’autres survivent, attendent, s’amusent et résistent. Un film d’anticipation ? Peut-être. Mais aussi un film d’archives où certains lieux apparaissant à l’image n’existent déjà plus. C’est un film qui s’est fait en parallèle de la lutte, à ses côtés, à son contact, dans la lenteur de la fabrication collective, quatre années durant. L’histoire a été écrite à plein, avec ce qu’on connaît d’ici. Elle est traversée par nos craintes sur l’avenir, notre colère et notre espoir qu’il y aura toujours du monde pour contrer ces schémas morbides et biocides et habiter les zones menacées.

Navigators

de Noah Teichner

16mm et 35mm sur vidéo, n&b et couleur, son, 85’, 2021

Décembre 1919. Alexander Berkman et Emma Goldman sont expulsés des États-Unis en Russie soviétique aux côtés de 247 autres anarchistes et radicaux. Débute un long voyage transatlantique au bord du Buford, le même paquebot qui deviendra, quelques années plus tard, le décor de La Croisière du Navigator de Buster Keaton. À l’aide de techniques photochimiques et d’archives inédites, Navigators transforme cette comédie burlesque en un document retraçant un exil.

Le Navire Argo passe le cap des 1 000 soutiens!

(english below)

Le Navire Argo passe le cap des 1 000 soutiens!

Lancé il y a quelques semaines, le projet de nouveau lieu pérenne de l’association l’Abominable, Le Navire Argo, a recueilli plus de mille signatures venant d’horizons multiples : cinéastes, artistes, producteurs et productrices, universitaires, associations de professionnel-le-s du cinéma, laboratoires partagés, festivals, cinémathèques, et ce de toute la France, d’Europe mais aussi d’au-delà des océans. Cliquez ici pour voir les listes complètes des personnes et des structures qui ont signé et grand merci à tous ceux qui l’ont déjà fait !

Ce n’est que le début du voyage et nous vous invitons à continuer à signer et à faire signer cet appel autour de vous.

Aujourd’hui, la situation reste inchangée. Le laboratoire de l’Abominable doit quitter son atelier dans les anciennes cuisines de la ville de La Courneuve à l’été 2022. Nous cherchons donc à créer un lieu pérenne en Ile-de-France dédié au cinéma argentique : un Navire pour poser nos machines, ouvrir une salle de projection publique afin que la création contemporaine et la projection de films de patrimoine en argentique puissent encore exister et se développer en France aujourd’hui.

Toutes les facettes et les détails de ce nouveau projet sont à trouver sur le site du Navire Argo.

Réservez la date : le week end du 10 et 11 juillet, nous vous convions à un grand événement festif au cours duquel nous présenterons le projet en détail et où vous pourrez visiter les locaux actuels. Plus d’info à suivre à ce propos.

Face à l’urgence de ne pas voir le savoir-faire et les machines de L’Abominable disparaître après vingt-cinq années de travail, nous avons besoin du soutien et des idées de toutes et tous !

Que vogue le Navire !


Navire Argo now has 1,000 supporters!

The call for support we launched a few weeks ago for Navire Argo — our project to create a new space for the non-profit L’Abominable — has already gathered over 1,000 signatures. A diverse list of filmmakers, artists, producers, professors, film industry professional organizations, artist-run film labs, festivals, and cinematheques from all over the world have already pledged their support. You can click here to see the complete list of individuals and institutions who support our project. Many thanks to all those who have already signed!

We are still at the beginning of our journey. If you have not already done so, we invite you to sign the call for support and to help us to spread the word about our project!

Our situation currently remains the same. L’Abominable must leave its premises in La Courneuve in the summer of 2022. Our goal is to find a permanent space in the Paris region to set up our machines, to create a screening room open to the public, and to promote both analog filmmaking and projection in France today.

All the details about our project can be found on the Navire Agro website.

Save the date. Between the 10th and 11th of July, we invite you to an event at l’Abominable. We will present the Navire Argo and you will be able to visit our current space. More information to come soon.

Our situation is critical. We need your help and your ideas in order to preserve all the equipment and knowledge we have acquired over the last twenty-five years.

The ship sails on!