Archives de catégorie : Travaux récents

Mises à jour du catalogue

Le pied du loup

de Fabrice Leroy

Super 8 sur vidéo, n&b ,son, 58’, 2024

« Et quand il n’y a plus rien, prendre conscience que rien ne pourra détruire la profondeur inconnue qui m’habite, que rien ne pourra détruire la vie qui ruisselle en moi. »
Ce qu’elle a vécu avant, nous l’ignorons. Ce à quoi nous assistons, c’est à son combat intérieur. Peu à peu, semblant émerger d’une longue absence à elle-même et à la vie, elle refait surface, dans sa masure aménagée de bric et de broc. Elle vit là au milieu des objets, les regarde, les touche, d’une façon étrange et tendre. Elle semble éprouver pour eux un attachement profond, comme s’ils lui révélaient quelque chose au-delà de leur simple qualité d’objet, comme s’ils avaient, en quelque sorte, une âme. Son empathie, cette façon organique de ressentir les choses, cette flamme qui l’habite lui permettent de sortir de sa mélancolie.
Elle a abandonné l’idée de vivre dans le monde extérieur, qui lui échappe, pour s’immerger dans un monde des sens, qui lui ouvre la porte vers une profondeur dans laquelle elle se sent à sa place. Elle traverse des moments où elle est submergée par des émotions qu’elle ne contrôle plus, mais ne renonce jamais, guidée par un élan vital intense. La lutte a beau être épuisante, elle ne démissionne jamais. Elle a parfois la sensation de fusionner avec la matière qui l’entoure, vivant alors chacun de ses gestes dans la plénitude parce qu’elle sait que le seul fait d’être vivante est un don dont il faut profiter au mieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cinégraphie, les femmes de la tempête (I)

de Céline Ruivo

16mm, Super 8, vidéo sur vidéo, couleur et n&b ,son, 61’, 2023

Un corps féminin revêtu d’une robe de mariée opère un mouvement du haut vers le bas, il coule, attiré par une force de gravité.  Ce plan troublant, issu de Ritual in Transfigured Time de Maya Deren, est en négatif. Source d’inspiration et d’obsession pour la narratrice, cette image devient le moteur d’un journal filmé.  Cette quête d’une avant-garde féminine s’inscrit à New York, avec les cinéastes Peggy Ahwesh, Jeanne Liotta et Su Friedrich.

 

 

Corps cinétiques

de Frédérique Menant

Installation, 2 projecteurs 16mm, n&b, sil., durée ad lib, 2023

Deux films muets de 4 et 5 minutes sont diffusés sur deux écrans perpendiculaires ou côte-à-côte. Sur l’un des écrans se déploient des images d’archives de l’iconothèque de l’INSEP (Institut National des Sports, de l’Expertise et de la Performance), sorte de catalogue de mouvements de gymnastique artistique réalisé dans les années 1960. Sur l’autre, des images tournées au cours des entraînements des gymnastes de haut niveau du Pôle gymnastique de l’INSEP en 2023, en 16 mm noir et blanc.
Sur l’un et l’autre écran, les films ont été retravaillées au laboratoire pour être ralentis, répétés, surimpressionnés, altérés par les moyens photochimiques. L’écart entre les images d’archives et les images contemporaines se resserre ou se creuse au gré de la rencontre des deux boucles et de l’attention que porte le spectateur aux détails du mouvement et des corps.

Réalisé dans le cadre d’une résidence de recherche et création « Artistes et sportifs associés 2023 », accompagnée par L’Abominable, et portée conjointement par le Département de la Seine-Saint-Denis et la Ville de Paris, dans le cadre de l’Olympiade culturelle Paris 2024.

 

 

Una Nube

de Max Belmessieri

Super 8 sur vidéo, couleur et n&b, son, 28’, 2024

La photographe Carlota Cortés se voit confier un vague reportage sur les nuages.
Elle s’interroge sur le sens de cette nouvelle mission et se demande comment photographier quelque chose d’aussi mouvant, quelque chose qui n’a, par essence, pas de forme prédéterminée. Ce travail sur l’évanescence la ramène au fantôme qui la hante : son amant Marko, disparu de sa vie des années auparavant.
Marko, quant à lui, est bien vivant mais en partie amnésique. Il regarde en boucle ses films Super 8, seuls souvenirs des années passées avec Carlota. Il s’interroge : pourquoi ne lui parle-t-elle plus ? Pourquoi, dans l’un de ses films, est-elle en train de s’enfuir ?
Au cours de sa quête photographique, Carlota commence à sentir la présence de son homme qui se manifeste bientôt sous la forme d’une volute nocturne psalmodiant : « Rien ne se perd, tout se transforme ».
Tandis que Carlota s’efforce de déchiffrer les histoires fluctuantes que racontent les masses nuageuses, Marko continue ses projections de films… et un étrange phénomène commence, qui mène à plusieurs interprétations : soit les films Super 8 influencent les choix de Carlota, soit les nuages induisent ceux de Marko. Ou peut-être… L’un des deux mondes n’existe que dans l’imagination de l’autre.
En accordant une extrême attention à la nature, Carlota pourrait-elle capter l’insaisissable afin de se reconnecter avec sa propre histoire ?

 

 

Man of Aral

de Helena Gouveia Monteiro

16mm, couleur et n&b, son optique, 7’, 2023

Man of Aral est un film expérimental créé à partir de vues satellite de la Mer d’Aral en Asie centrale, montrant son dessèchement graduel et la transformation radicale du paysage environnant en conséquence de l’activité humaine.

Une séquence numérique en time-lapse a été créée d’après ces images, transférée sur de la pellicule noir & blanc 16mm et manipulée avec des teintures et virages chimiques, créant un objet visuel hybride à la fois numérique et argentique, manuel et mécanique. La bande son de Nicolas Clair est inspirée par la partition originale de John D. H. Greenwood pour Man of Aran en 1934.

Telle la mise en scène d’un récit autour d’une mer sans eau, Man of Aral présente l’érosion du paysage et du matériau filmique lui même comme des temporalités humaines et géologiques rivales, à travers des vues dis-tantes d’un territoire aux changements rapides mais à peine visibles, un événement clé d’une échelle sans précédent.

La mer d’Aral (mer des îles) était la quatrième plus grande masse d’eau intérieure sur la planète, avant le début des projets de drainage et d’irrigation de l’Union Soviétique dans la région, qui ont conduit au dessèchement du bassin et à l’apparition du désert d’Aral dans les années 2010. Le rétrécissement des niveaux de l’eau et l’exposition du fond marin aride constituent une immense catastrophe écologique avec des répercussions à l’échelle du continent et résonnent avec les changements climatiques contemporains, l’accès aux ressources hydriques, et le bouleversement d’écosystèmes produit par l’activité humaine au sein d’économies extractivistes.

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Musique : Nicolas Clair

 

Passion dévorante de Schönberg

de Camille & Victor

Super8, 16mm et vidéo sur 16mm et vidéo, n&b et couleur, son, 40’, 2023

Des lettres, des images. Des moments d’une histoire d’amour, de recherche et d’attente, de patience et d’impatiences. Où l’on essaie de construire une relation à deux, pleine de montagnes et de fossés à pic. C’est un film de tendresse et d’amitié, d’amour et de mort. Parce que ce qu’on vit à deux ne se voit pas, se camoufle, se protège, veut être un secret, ce film est un cadeau de souvenirs.

 

Bosco

de Lucie Leszez & Stefano Canapa

16mm, n&b, sil, 8’, 2023

Trois cinéastes rapportent des images de la forêt. Elles sont ensuite retravaillées et déstructurées avec les moyens du laboratoire photochimique : tirage à plat, tireuse contact et optique. Des rayons X percent un beau noir et blanc tranché.

 

Une île et une nuit

un film des Pirates des Lentillères

16mm sur vidéo, couleur et n&b, son, 100’, 2023

Autour du feu, voyageurs et pirates se racontent leurs souvenirs, leurs rêves, leurs batailles. D’une langue à l’autre, de récit en récit se font entendre le grondement de la tempête et le bruissement des feuilles, les sirènes menaçantes et les danses endiablées, le choc des sabres et le chant des oiseaux. Jusqu’à l’aube se dessinent mille et un chemins de cette île imaginaire mais pourtant bien réelle.

 

After

de Anthony LAPIA

16mm sur vidéo, couleur, son, 69’, 2023

Un club techno à Paris. Le rythme de la musique emporte tout sur son passage. Les gens dansent, boivent, se droguent et parlent. Félicie rencontre Saïd et le ramène chez elle pour un after. À la frontière du jour et de la nuit, les vies et les idées entrent en résonance.

Ciompi

de Agnès PERRAIS

Super 8 & 16mm sur vidéo, couleur, son, 83’, 2023

À la fin du Moyen Âge, à Florence en Italie, une révolte des ouvriers les plus pauvres de la laine, les Ciompi, parvient à renverser le gouvernement. Aujourd’hui, alors que je m’entretiens avec l’historien militant qui a remis en lumière cette révolte, les ouvriers de l’industrie textile moderne se soulèvent dans les banlieues de Florence.