Invitation Focus Gabès – Films tunisiens en argentique les 29 mars et 2 avril, à Saint Denis

Dimanche 29 mars et jeudi 2 avril, L’Abominable invite Lilia Ben Achour, qui présentera son travail au sein de Focus Gabès et une programmation en argentique de deux films tunisiens, en écho à la Saison culturelle Méditerranée organisée par Plaine Commune, et en partenariat avec le festival Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient et l’Université Paris 8 – Saint Denis.

Focus Gabès est une association culturelle basée à Gabès, engagée dans la promotion du cinéma, de la création contemporaine et de la transmission culturelle. À travers des projections, des expositions, des ateliers et des résidences artistiques, l’association contribue à renforcer la vie culturelle locale et à créer des espaces d’échange autour de l’image en mouvement. 

Née de la volonté d’inscrire la culture cinématographique dans la durée, Focus Gabès développe une programmation annuelle qui articule diffusion, formation et réflexion sur les pratiques artistiques et les enjeux de mémoire. Ses activités visent à rendre la culture accessible, à soutenir les jeunes générations et à inscrire Gabès comme un territoire actif de création et d’innovation culturelle.

Pensé comme un espace de réflexion et d’expérimentation, le projet Focus Archives, porté par Focus Gabès, réunit chercheurs, archivistes, artistes et publics autour de questions essentielles : pourquoi archiver, comment préserver, et comment activer la mémoire collective à travers les documents et les images.

Lilia Ben Achour, responsable du projet Focus Archives, travaille autour de la programmation, de l’acquisition de fonds et de la valorisation des archives audiovisuelles. Elle développe une approche où l’archive devient un espace vivant de création, de mémoire et de dialogue collectif. Ses projets explorent les liens entre patrimoine, recherche et pratiques contemporaines.

En 2025, Lilia Ben Achour organise un premier atelier sur la projection de films argentiques à l’attention d’étudiant·es en cinéma, de jeunes réalisateurs et réalisatrices et d’archivistes. Elle travaille également à l’ouverture d’une salle dédiée au cinéma argentique. Autant de démarches qui nous ont donné envie de la rencontrer pour en savoir plus. Vous pouvez lire un entretien réalisé avec elle sur le site filmprojection21.org, et nous serons ravie de l’accueillir pour deux projections en argentique.

A l’heure du bouclage du programme du festival, nous ne pouvions annoncer que des « films surprises ». Nous pouvons maintenant annoncer les projections!


DIMANCHE 29 MARS 
18h15 au cinéma L’Écran

14 passage de l’Aqueduc, 93200 Saint-Denis

Les Silences du palais

صمت القصور – Samt el qusur
De Moufida Tlatli
Fiction – 2h07 – couleur – sonore – 1994
Projection en 35 mm

A l’occasion de la mort du prince Sid’Ali, un ex-bey, Alia, jeune chanteuse, parcourt un palais en ruines dans la banlieue de Tunis et se souvient de ses quinze ans, lorsque sa mère, Khedija, était en ce même lieu une servante du bey. Alia découvrait alors deux mondes : celui des maîtres, les nantis, et celui des servantes, les corvéables…

« L’histoire de mon film Les Silences du palais a pour héroïne une femme. Celle que dans mon pays, on appelait parfois la ‘colonisée du colonisé’, femme inférieure par naissance, femme née pour servir l’homme. Alia est née dans la servitude. Elle est la fille d’une des servantes du palais des Beys, les derniers rois de Tunisie… Chez ces monarques, les servantes ne sont pas seulement là pour servir : corvéables à merci, elles doivent subir également le droit de cuissage des princes. Ce monde des princes orientaux – les derniers qui règnent en Tunisie – monde fait de raffinements et d’injustices, des splendeurs d’une culture millénaire en même temps que des marques de sa décadence, est vu depuis les cuisines du palais, à travers le regard d’une petite fille. Une petite fille dont le destin tracé était d’hériter de la condition d’esclave de sa mère. Alia va chercher dans son corps, dans sa chair, l’issue pour échapper à sa condition. C’est en effet par la beauté de sa voix, par le chant, qui est une composante essentielle de la civilisation très largement orale où elle est née, qu’elle va chercher son salut. Sa rencontre avec Lofti, un jeune militant caché dans les sous-sols du palais lui fait prendre conscience de l’importance du mouvement national qui lutte pour l’indépendance du pays. Alia va s’identifier à cette lutte et espérer être aussi libérée de la prison où elle se trouve enfermée. Y parviendra-t-elle ? » Moufida Tlatli  


JEUDI 2 AVRIL
15h00 / Université Paris 8

2 rue de la Liberté, 93200 Saint-Denis
A1 181 : Salle de projection (Salle bleue tropicale) : Bâtiment A


Pique-nique

نزهة رائقةNozha raëka

De Férid Boughedir
Fiction – 40’ – couleur – sonore – 1972
Projection en 16 mm

Une famille de la petite bourgeoisie tunisienne, du temps du protectorat, se rend en pique-nique avec une vieille guimbarde pleine à craquer. Elle tombe en panne. Un colon français qui se propose de la réparer ne fait qu’aggraver la panne. C’est grâce à un paysan qui remorque la voiture avec sa charrette jusqu’à la ville, que tout ce petit monde pourra retrouver son logis.



Cette programmation est soutenue par Plaine commune en écho à la Saison France Méditerranée, et organisée en partenariat avec le festival Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient et l’Université Paris 8 – Saint Denis.