Corps Samples

Astrid De La Chapelle

16mm sur vidéo, couleur, son, 15’

Au départ, il y a une simultanéité. Un fossile marin de crinoïde mis à jour près du sommet de l’Everest, un célèbre alpiniste britannique qui s’évapore, et un leader russe qui s’éteint sont le point de départ d’une histoire de la transformation de la matière.
Le film est une exploration libre et transversale des matières terrestres et de leurs transformations. Les corps conservés de George Mallory et de Lénine, l’un pétrifié par les conditions climatiques, l’autre embaumé grâce à la pétrochimie, sont devenus en quelque sorte les achèvements éternels des pensées politiques ou des idéologies qui les ont portés. Pour le premier, la pensée pionnière liée à l’impérialisme britannique, pour le second, l’édification du communisme. Les corps de ces hommes ont permutés leur cycle organique originel pour se nicher au sein d’autres cycles plus vastes de la Terre. Ces corps persistent. De la forêt du Carbonifère d’il y a 300 millions d’années au charbon, et du charbon à la révolution industrielle qui active l’économie soviétique nouvelle du début du XXème siècle ; des micro-organismes d’autrefois au pétrole, du pétrole à la pétrochimie, et de la pétrochimie à l’embaumement expérimental du corps de Lénine ; ou encore d’autres micro-organismes tombés au fond des mers au calcaire, puis du calcaire au marbre et enfin des carrières de marbre exploitées aux cuisines contemporaines … Les époques et les échelles se brassent et se croisent. Réalisé en 16 mm, au téléphone portable et avec des images trouvées sur internet, les régimes d’images variés et les grains intrinsèques à chaque média se télescopent et se fondent dans un flux presque hallucinatoire.
Le titre Corps Samples peut se lire en français et en anglais ; il joue sur les mots dans les deux langues, et signifie phonétiquement en anglais : la carotte géologique.

Catin

Guillaume Anglard, Julie Allain, Bertrand Boutaud, Grégory Marza

16mm sur vidéo, couleur et n&b, son, 20’

Quatre variations en pellicule sur le thème « catin ».
Poésie, humour, frénésie et fantasmagorie se conjuguent en un film collectif.
Les quatre cinéastes confrontent et associent leurs univers dans une démarche artisanale.

Anagram

Nathaniel Draper

S16mm sur vidéo, n&b, son, 8’, 2020

Les rythmes inhérents à la pellicule font émerger des corps et des visions cachés entre perception et projection. Un espace fantôme d’une rêverie collective, un rituel cinématographique à l’image du gamelan. Une chorégraphie pour film.

Kitikaka

Calypso Debrot & Florian Maricourt

16mm sur vidéo, couleur, son, 15’, 2020

Mimmo Ippolito ne se coupe pas les ongles, il a trop à penser.
Depuis son trullo, une maison ronde au toit pointu, il peint, il dessine, il chante et écrit des histoires.
Son monde est fait de broussailles et de figuiers de barbaries.
Le temps ne le concerne pas.
Mimmo est le gardien des chevaux du Cosmos.

Les films du dés-apparaître #3 – … Dans sa toile est un lac

Oscar Hache

Super 8 sur 16mm, n&b, sil, 7’

Les films du dés-apparaître est un recueil de films proposant une descente vers les profondeurs des spécificités techniques du film (la pellicule).

Grain, négatif/positif, mouvement/fixité, continu/discontinu et autres oppositions constitutives y sont démembrées de façon tant progressive que répétitive.

#3 – … Dans sa toile est un lac est la troisième étape du démembrement.

Her name was Europa

Anja Dornieden & Juan David González Monroy

16mm, n&b, son opt., 76’, 2020

L’auroch est le nom d’un ancêtre sauvage du bœuf moderne. L’auroch a pour particularité d’être le premier cas jamais documenté d’extinction d’une espèce. Le dernier auroch sauvage connu est mort en 1627 dans la forêt de Jaktorow, en Pologne. On considère que c’est la chasse d’une part, et l’introduction du bétail domestique d’autre part, qui ont conduit au déclin, puis à la disparition de l’espèce. Ce n’est qu’au XXe siècle que sont apparues les premières tentatives de ressusciter les aurochs.

Après les nuages

Les Scotcheuses

super 8, couleur, son num., 45’, 2020

Après les nuages est un film collectif tourné en pellicule, fabriqué avec et par les opposantes au projet Cigéo, à Bure et alentours, en Meuse et Haute-Marne. Dans notre film, plusieurs univers s’entrechoquent, se croisent, se regardent, se mêlent ou s’évitent. Il y a des gens sous terre, d’autres en surface ou dans les arbres. On a imaginé ce qui se passerait dans un monde contaminé -peut-être – par le nucléaire où certaines personnes contrôlent, d’autres survivent, attendent, s’amusent et résistent. Un film d’anticipation ? Peut-être. Mais aussi un film d’archives où certains lieux apparaissant à l’image n’existent déjà plus. C’est un film qui s’est fait en parallèle de la lutte, à ses côtés, à son contact, dans la lenteur de la fabrication collective, quatre années durant. L’histoire a été écrite à plein, avec ce qu’on connaît d’ici. Elle est traversée par nos craintes sur l’avenir, notre colère et notre espoir qu’il y aura toujours du monde pour contrer ces schémas morbides et biocides et habiter les zones menacées.

Pandemic cinéma

Par ces temps pandémiques, le cinéma continue!
Venez soutenir La Clef Revival avec les Scotcheuses et découvrir Journey Through a Body au FLiMM – Festival Libre du Moyen-Métrage.


24 octobre à 15h salle Galop
25 octobre à 16h salle d’expositions

dans le cadre du FLiMM – Festival Libre du Moyen-Métrage
au DOC, 26 rue du Docteur Potain, Paris

Journey through a body
de Camille DEGEYE
16mm sur vidéo, couleur, son, 32’, 2019

Thomas, musicien suisse-allemand, est cloîtré chez lui à cause d’un pied cassé. Il erre dans son petit appartement parisien, la jambe dans le plâtre, occupé à la composition d’un nouveau morceau. Lorsque le jour se lève, une visiteuse inattendue l’attend derrière sa porte.


28 octobre à 18h (ouverture des portes à 17h30)

Cinéma La Cléf Revival, 34 rue Daubenton, Paris

Après les nuages
Le nouveau film des Scotcheuses, pensé, tourné et réalisé à Bure et dans les environs depuis 2016.
super 8, couleur, son num., 45’, 2020

Après les nuages ?
C’est un film collectif tourné en pellicule, fabriqué avec et par les opposantes au projet Cigéo, à Bure et alentours, en Meuse et Haute-Marne. Dans notre film, plusieurs univers s’entrechoquent, se croisent, se regardent, se mêlent ou s’évitent. Il y a des gens sous terre, d’autres en surface ou dans les arbres. On a imaginé ce qui se passerait dans un monde contaminé -peut-être – par le nucléaire où certaines personnes contrôlent, d’autres survivent, attendent, s’amusent et résistent. Un film d’anticipation ? Peut-être. Mais aussi un film d’archives où certains lieux apparaissant à l’image n’existent déjà plus. C’est un film qui s’est fait en parallèle de la lutte, à ses côtés, à son contact, dans la lenteur de la fabrication collective, quatre années durant. L’histoire a été écrite à plein, avec ce qu’on connaît d’ici. Elle est traversée par nos craintes sur l’avenir, notre colère et notre espoir qu’il y aura toujours du monde pour contrer ces schémas morbides et biocides et habiter les zones menacées.

Les Scotcheuses ?
Les Scotcheuses sont les petits objets mécaniques qui servent à couper et scotcher la pellicule pour le montage d’un film. C’est le nom qu’on s’est donné. Nous sommes un collectif de cinéma artisanal. On utilise la caméra Super 8 car c’est un outil qu’on peut facilement s’approprier et transmettre (il permet de comprendre le cinéma). On aime aussi le grain des images de cette caméra faite pour les films amateurs, les films de famille. Ses images sont chaleureuses.

Le collectif est un endroit poreux, parfois nous sommes vingt, parfois moins et parfois plus. Certain·e·s d’entre nous ont une expérience plus ancienne dans la fabrication de films et d’autres ont plein d’autres connaissances. On apprend les un·e·s des autres. Malgré les difficultés, on essaye de faire un cinéma horizontal et partagé, où les hiérarchies et les divisions du travail seraient toujours remises en question et où le savoir circulerait librement. On se réapproprie des outils pour ne pas les laisser aux mains de l’ennemi. Parce que si on a pleins d’outils et qu’on sait tou·te·s les utiliser, eh bien là, voyez-vous, on sera les plus fort·e·s. Les plus fort·e·s dans les failles et les interstices d’un monde qui vacille. Les plus fortes avec nos faiblesses. Chaque rencontre, chaque brèche est comme une petite allumette pour ne plus fermer l’objectif. Pour poser nos regards aux endroits de lutte, de vie.

Futures projections d’Après les nuages:

8 novembre – Lyon
10 novembre – Virieu-Le-grand
12 novembre – Genève, au Spoutnik


Projections à venir

Même si « les projections de nos jours ressemblent à des conférences de dentistes », nous serons ravis de vous retrouver à des séances de films passés par L’Abominable «  à l’endroit où les films déploient toute leur intensité : la salle ».


Lundi 12 octobre à 20h
au cinéma Reflet-Médicis
3 Rue Champollion, 75005 Paris
seule séance à Paris pour cette année qui s’écoule

LOS CONDUCTOS
de Camilo RESTREPO
16mm sur 35mm, couleur, 1,37, son Dolby SR, 70’, 2020

Los Conductos raconte l’histoire de Pinky, un jeune homme qui vient tout juste d’échapper d’une secte religieuse après avoir pris conscience de la manipulation mentale dont il était l’objet. C’est un acte particulièrement violent commis au sein de la secte, auquel Pinky a assisté par hasard, qui a provoqué son éveil. Comme de nombreuses sectes, celle-ci accommodait la foi en Dieu avec des affaires illégales et criminelles. Ce fait lui a révélé sa participation involontaire dans une série de délits et de crimes, commis au nom de la foi, et d’une supposée justice divine. Pinky, émancipé dans des circonstances qui se dévoilent progressivement, traverse les premiers jours de l’effondrement de la construction morale et religieuse sur laquelle il avait bâti sa vie d’adulte. Se sachant trompé par sa propre foi, il questionne tout, mû par la méfiance qui vient de naître en lui.

Le film clôturera le festival PANORAMA DU CINÉMA COLOMBIEN.

La réservation d’entrées pour la séance est disponible en ligne.

Le film a remporté le prix de la meilleure opéra prima au festival de Berlin de cette année, et a reçu un accueil favorable dans la presse. C’est désormais à Paris la prochaine épreuve de feu, avec cette séance où le cinéaste vous convoque pour recueillir vos impressions.

Le rélisateur sera donc ravi de pouvoir partager son travail avec vous à l’endroit où les films déploient toute leur intensité : la salle. Comme « l’air du temps » n’est pas très sain, le nombre de places disponibles en salle a été réduit selon le protocole sanitaire en cours, d’où l’importance de penser à réserver rapidement.


Mercredi 14 octobre
à 20h30 au Luminor Hôtel de Ville
20 rue du Temple, 75004 Paris

À l’invitation de Light Cone, Jérôme Noetinger propose une séance de Cinéma pour l’oreille (films et pièces sonores), le mercredi 14 octobre au Luminor Hôtel de Ville (Paris IV).

REEL TO REEL
The Sound Drifts + Jérôme Noetinger
de Stefano CANAPA
35mm, n&b, sonore, 20′ 00, 2020

Diptyque composé des deux films réalisés en collaboration avec l’artiste musicien Jérôme Noetinger. Projetés l’un après l’autre, dans l’ordre inverse par rapport à la chronologie de leur fabrication, on voit d’abord l’image de ce que l’on entend (The Sound Drifts) pour ensuite faire l’expérience singulière d’écouter la même bande-son et découvrir les gestes qui ont permis de façonner celle-ci (Jérôme Noetinger), dans un portrait où l’on voit le musicien à l’œuvre.


Sortie au cinéma à partir du 14 octobre 2020

Les Equilibristes
De Perrine MICHEL
Super 8 et vidéo sur vidéo, couleur, son, 99’, 2019

On ne vient pas ici pour guérir, mais pour vivre le plus pleinement possible ses derniers jours. Ici, c’est un service de soins palliatifs. Au quotidien, des soignants font corps et s’écoutent les uns les autres, pour être au plus près des patients. En parallèle des scènes montrant une médecine pleine d’humanisme, la voix de la cinéaste se fait entendre. Elle accompagne, elle aussi, sa mère à travers la maladie. Quatre danseurs mettent en lumière la chronique de cet accompagnement.

Projection en Île-de-France en présence de la réalisatrice
14 octobre – Montreuil, Le Méliès, à 20h30 (en présence de la réalisatrice et du producteur, Thomas Schmitt)


Samedi 17 octobre
à 22h au cinéma Le Grand Action
5 Rue des Écoles, 75005 Paris

Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris – 22éme édition

DURBAAR
de Gautam VALLURI
16mm, couleur, son opt., 9’, 2019

Un tableau d’humeur pour le sultanat Deccan d’Inde du sud. Une tapisserie d’images nous ramène à travers des chandeliers somptueux de la cour du dernier Nizam d’Hyderabad vers le récit des souvenirs de Babur, le fondateur de l’empire Moghol. Une série de crescendos disparait en racontant la chute d’une époque de grandeur. Ce film est un hommage à la majesté vu à distance, avec le regard d’un voyeur.


Lundi 19 octobre
à 20h30 à L’Espace Saint Michel
7 Place Saint-Michel, 75005 Paris

A LUA PLATZ (Prendre Place)
de Jérémy Gravayat
HD, 16mm et Super-8 sur video, n&b et couleur, son, 97’, 2019

Avant-première en salle à L’Espace Saint Michel le 19 octobre à 20h30, en présence du réalisateur, dans le cadre du ciné-club PSL-Filmer le champ social
(Tarifs habituels du cinéma / invitations possibles : guillaume@survivance.net)

+ Diffusion sur Arte (La Lucarne) le 19 octobre à 23h59, ensuite en Replay

En Seine-Saint-Denis, des années durant, des familles roumaines cherchent des lieux où vivre. Cheminant de villages quittés en bidonvilles, squats et cités, l’intimité de leurs récits se confronte à une banlieue en constante mutation. Des Grands Ensembles jusqu’au Grand Paris, leurs trajectoires retissent une histoire commune, celle de solidarités habitantes refusant la relégation.


Du mardi 10 novembre au vendredi 4 décembre
au Théâtre National de la Colline à Paris

Les Etoiles
Texte et mise en scène de Simon Falguières.

La création du spectacle intègre une projection d’un court film en 16mm finalisé à L’Abominable par Emmanuel Falguières.

Ezra est un jeune poète qui vit dans un petit village avec ses parents, Zocha et Pierre, et son oncle Jean. Un jour, Zocha meurt et il revient à Ezra d’écrire l’éloge funèbre de sa mère. Mais dévasté par le chagrin, le jeune poète perd ses mots et s’enferme dans sa chambre. Commence alors pour lui un voyage immobile, une aventure de l’âme alors que derrière la porte, la vie continue et le temps s’écoule…

Réservations et informations