Tous les articles par Nicolas Rey

Pour Lili

Le 31 mars 2026 Lili Hinstin est morte.
Lili était programmatrice de cinéma et a dirigé également plusieurs festivals.
Celles et ceux d’entre nous qui l’ont connue à un moment crucial de l’histoire de L’Abominable n’étions pas réuni.e.s ce jour-là et les suivants pour partager ensemble la profonde tristesse de sa mort précoce, ni  écrire, en sa mémoire, quelques mots.
Chacun.e à sa manière et de loin, voire de très loin, avons été bouleversé.e.s.
Par ces bizarres réactions que nous avons parfois, nous n’avons pas su nous appeler, nous dire, sur le moment, ce qui nous traversait.
L’histoire de lieux et des collectifs qui les fabriquent est souvent mouvementée ; elle se fait, se défait, se refait et donc se transforme.  Ça avance, ça change et ça se mélange avec les histoires des vies.
Et puis un jour le présent fait effraction et la mémoire refait surface et il y a besoin d’y revenir.
L’histoire du labo a croisé la route de Lili Hinstin de différentes et nombreuses manières dans les années 2011, 2012 et 2013.
Lili, au début de ces années-là, travaillait au Festival Cinéma du Réel, elle y débutait en tant qu’adjointe à la direction artistique. Le labo, quant à lui, finissait l’année 2011 en se faisant expulser de ses locaux historiques, la sous-location avérée véreuse d’une cave à Asnières-sur-Seine. L’équipe du labo, qui découvrait n’avoir pas vraiment de moyens de défense juridique, travaillait tant bien que mal à bouger le lieu, à lui trouver un endroit où s’installer pour continuer ; à rendre visible un peu de ce qui se tramait, depuis de nombreuses années, en sous-sol.
En même temps, dans cette cave laborieusement vidée, parce que rapidement mise sous scellés par l’ordre public, l’un d’entre nous finissait de fabriquer son film sur la table de montage 16 mm restée accessible grâce aux failles du dispositif anti-squat.
Cet hiver-là, en 2012 donc, Lili a pu voir ce film et ouvert la voie à ce qu’il s’achemine vers les salles du festival.
L’année suivante, alors que le Labo commençait de s’installer, encore funambule, dans les cuisines municipales de la ville de La Courneuve, le Cinéma du Réel fêtait quant à lui ses 35 ans.
Lili a travaillé avec le groupe d’alors à la possibilité d’une table ronde – 35 ans / 35 mm –  au sein du Festival ; faisant confiance à L’Abominable pour organiser l’évènement, y convier les invités, et mener le débat sur les questions de l’usage de la pellicule au présent, de la bascule des salles de cinéma de l’argentique au numérique, appuyée par les pouvoirs politiques et faussement appelée « révolution ».
Lili a travaillé avec nous et rendu possible un espace public où cet impensé de l’histoire récente du cinéma et de nos pratiques pouvait, pour un moment, se réfléchir, où les questions pouvaient se poser, malgré les vents contraires.
Pour toutes ces raisons L’Abominable lui doit beaucoup, nous nous souvenons de sa générosité et de sa clairvoyance.
Il est des êtres précieux et dans le travail, parfois, des liens singuliers se forgent. Nous aurions voulu (et ç’aurait sans doute été le cas) croiser encore les chemins vivifiants qu’elle savait défricher.

À toi Lili

de l’équipe du L’Abo d’alors, yoana

 

 


Un chant aveugle

de Stefano Canapa, Natacha Muslera

16mm, sur vidéo, 1,37 couleurs, n&b, Dolby SR, 63′, 2026

Un chant aveugle retrace le voyage d’un chœur composé de personnes voyantes et non voyantes au Japon. Peu à peu, un lien se tisse entre leur pratique et celle des Goze, ces chanteuses aveugles japonaises qui ont arpenté l’archipel du Moyen Âge jusqu’à la fin du siècle dernier.

Le 6 juin 2026 à 20h : Nuit Blanche à L’Abominable

Imagine l’image d’un lieu

À l’occasion de la Nuit Blanche 2026, L’Abominable, laboratoire partagé de cinéma argentique, présente dans le futur Navire Argo la projection des films 16 mm suivants :

Line Describing a Cone, d’Anthony McCall, en sa présence ; 16 mm, 30 min, 1973

La Jetée, de Chris Marker ; 16 mm, 28 min, 1962

Wolkenschatten, du duo Ojoboca, en présence d’Anja Dornieden et de Juan David Gonzáles Monroy ; 16 mm, 17 min, 2014

Classique du cinéma expérimental, Line Describing a Cone, d’Anthony McCall est un film projeté en espace d’exposition. À la croisée du cinéma et de la sculpture, une membrane de lumière trace une surface conique dans l’espace et un cercle sur la surface de projection, interrogeant l’espace et le temps de manière non référentielle.

Le court-métrage de Chris Marker La Jetée a pris une place particulière dans l’histoire du cinéma pour son utilisation de la photographie dans sa narration. Film d’anticipation, La Jetée questionne le temps et la mémoire, l’intrication des temporalités. Il présente l’histoire d’un homme marqué par une image d’enfance, un visage que le narrateur ne cesse de douter d’avoir vu.

Composé d’images fixes également, Wolkenschatten – L’ombre des nuages – du duo de cinéastes berlinois Ojoboca, se compose aussi d’une narration qui touche à la science-fiction : une œuvre sur la vision, la matérialisation de la lumière et la métamorphose.

Imagine une image. Imagine l’image d’un lieu. Imagine que ce lieu est un paysage. Imagine la lumière dans ce paysage. Imagine la chaleur qui émane de ce paysage. Imagine le bien-être que procure cette chaleur. Imagine essayer de retenir cette sensation. Imagine ne pas y parvenir. Imagine-la s’effacer de ta mémoire. Wolkenschatten, Ojoboca.

De 20h à 22h30
L’Abominable (Anciens Laboratoires Eclair)
8 Avenue de Lattre de Tassigny, Epinay-sur-Seine
RER C : Epinay / RER H : Epinay – Villetaneuse / Tramway T8 : Lacépède


La présentation de l’œuvre d’Anthony McCall est organisée en collaboration avec le service de collection des films du Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, à l’occasion de l’exposition Anthony McCall : Lumière, Espace de projection, IRCAM, du 4 au 10 juin 2026.
Avec le soutien de la Métropole du Grand Paris et du réseau Actes if.

Em Busca de S

de Gustavo de Mattos Jahn

16mm, sur vidéo, couleurs, 17′, 2025

Une nuit d’été, Lucia, une botaniste qui vit à Rio de Janeiro, rêve d’une présence mystérieuse. Mais à son réveil, tout s’est évanoui, ne laissant qu’une sensation. S comme cinéma ?

Invitation Focus Gabès – Films tunisiens en argentique les 29 mars et 2 avril, à Saint Denis

Dimanche 29 mars et jeudi 2 avril, L’Abominable invite Lilia Ben Achour, qui présentera son travail au sein de Focus Gabès et une programmation en argentique de deux films tunisiens, en écho à la Saison culturelle Méditerranée organisée par Plaine Commune, et en partenariat avec le festival Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient et l’Université Paris 8 – Saint Denis.

Focus Gabès est une association culturelle basée à Gabès, engagée dans la promotion du cinéma, de la création contemporaine et de la transmission culturelle. À travers des projections, des expositions, des ateliers et des résidences artistiques, l’association contribue à renforcer la vie culturelle locale et à créer des espaces d’échange autour de l’image en mouvement. 

Née de la volonté d’inscrire la culture cinématographique dans la durée, Focus Gabès développe une programmation annuelle qui articule diffusion, formation et réflexion sur les pratiques artistiques et les enjeux de mémoire. Ses activités visent à rendre la culture accessible, à soutenir les jeunes générations et à inscrire Gabès comme un territoire actif de création et d’innovation culturelle.

Pensé comme un espace de réflexion et d’expérimentation, le projet Focus Archives, porté par Focus Gabès, réunit chercheurs, archivistes, artistes et publics autour de questions essentielles : pourquoi archiver, comment préserver, et comment activer la mémoire collective à travers les documents et les images.

Lilia Ben Achour, responsable du projet Focus Archives, travaille autour de la programmation, de l’acquisition de fonds et de la valorisation des archives audiovisuelles. Elle développe une approche où l’archive devient un espace vivant de création, de mémoire et de dialogue collectif. Ses projets explorent les liens entre patrimoine, recherche et pratiques contemporaines.

En 2025, Lilia Ben Achour organise un premier atelier sur la projection de films argentiques à l’attention d’étudiant·es en cinéma, de jeunes réalisateurs et réalisatrices et d’archivistes. Elle travaille également à l’ouverture d’une salle dédiée au cinéma argentique. Autant de démarches qui nous ont donné envie de la rencontrer pour en savoir plus. Vous pouvez lire un entretien réalisé avec elle sur le site filmprojection21.org, et nous serons ravie de l’accueillir pour deux projections en argentique.

A l’heure du bouclage du programme du festival, nous ne pouvions annoncer que des « films surprises ». Nous pouvons maintenant annoncer les projections!


DIMANCHE 29 MARS 
18h15 au cinéma L’Écran

14 passage de l’Aqueduc, 93200 Saint-Denis

Les Silences du palais

صمت القصور – Samt el qusur
De Moufida Tlatli
Fiction – 2h07 – couleur – sonore – 1994
Projection en 35 mm

A l’occasion de la mort du prince Sid’Ali, un ex-bey, Alia, jeune chanteuse, parcourt un palais en ruines dans la banlieue de Tunis et se souvient de ses quinze ans, lorsque sa mère, Khedija, était en ce même lieu une servante du bey. Alia découvrait alors deux mondes : celui des maîtres, les nantis, et celui des servantes, les corvéables…

« L’histoire de mon film Les Silences du palais a pour héroïne une femme. Celle que dans mon pays, on appelait parfois la ‘colonisée du colonisé’, femme inférieure par naissance, femme née pour servir l’homme. Alia est née dans la servitude. Elle est la fille d’une des servantes du palais des Beys, les derniers rois de Tunisie… Chez ces monarques, les servantes ne sont pas seulement là pour servir : corvéables à merci, elles doivent subir également le droit de cuissage des princes. Ce monde des princes orientaux – les derniers qui règnent en Tunisie – monde fait de raffinements et d’injustices, des splendeurs d’une culture millénaire en même temps que des marques de sa décadence, est vu depuis les cuisines du palais, à travers le regard d’une petite fille. Une petite fille dont le destin tracé était d’hériter de la condition d’esclave de sa mère. Alia va chercher dans son corps, dans sa chair, l’issue pour échapper à sa condition. C’est en effet par la beauté de sa voix, par le chant, qui est une composante essentielle de la civilisation très largement orale où elle est née, qu’elle va chercher son salut. Sa rencontre avec Lofti, un jeune militant caché dans les sous-sols du palais lui fait prendre conscience de l’importance du mouvement national qui lutte pour l’indépendance du pays. Alia va s’identifier à cette lutte et espérer être aussi libérée de la prison où elle se trouve enfermée. Y parviendra-t-elle ? » Moufida Tlatli  


JEUDI 2 AVRIL
15h00 / Université Paris 8

2 rue de la Liberté, 93200 Saint-Denis
A1 181 : Salle de projection (Salle bleue tropicale) : Bâtiment A


Pique-nique

نزهة رائقةNozha raëka

De Férid Boughedir
Fiction – 40’ – couleur – sonore – 1972
Projection en 16 mm

Une famille de la petite bourgeoisie tunisienne, du temps du protectorat, se rend en pique-nique avec une vieille guimbarde pleine à craquer. Elle tombe en panne. Un colon français qui se propose de la réparer ne fait qu’aggraver la panne. C’est grâce à un paysan qui remorque la voiture avec sa charrette jusqu’à la ville, que tout ce petit monde pourra retrouver son logis.



Cette programmation est soutenue par Plaine commune en écho à la Saison France Méditerranée, et organisée en partenariat avec le festival Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient et l’Université Paris 8 – Saint Denis.


Una Tumba mi Yihad

de Max Belmessieri

S8, sur vidéo, couleurs, Dolby SRD, 30′, 2025

Carlota Cortés, toujours hantée par son amant disparu, est aujourd’hui chargée de photographier la tombe du dernier roi de Bosnie. Elle découvre que pour les suprémacistes de tous bords, les corps, en particulier ceux des jeunes et leurs âmes innocentes, sont des territoires à coloniser. Parviendra-t-elle à faire « son » djihad qui, dans son sens Majeur, signifie effort, lutte intérieure et maîtrise de soi ?

Butterfly Stories : Malaise II

de Laurence Favre

35mm, couleurs, installation,  ad lib, 2026

Butterflies Stories explore des processus de possible “désarchivage“ de collections d’histoire naturelle. Des papillons originaux sont photographiés sur pellicule 35mm. Par de multiples manipulations photochimiques, des spécimens spéculatifs sont créés. Ils sont projetés sur des toiles entomologiques dont le filet à la fois capture l’image et la laisse transpercer. Une hélice en mouvement devant chaque objectif injecte un mouvement dans l’image de ces papillons réanimés. Un espace immersif sensoriel est créé convoquant les fantômes pour tenter de s’échapper d’un langage visuel documentaire et des narrations dominantes.

L’Abominable à Madrid et projections de novembre

Pendant que les travaux du Navire Argo avancent avec en ligne de mire une fin de chantier au printemps 2026, L’Abominable est à l’honneur au musée Reina Sofìa de Madrid, pour une programmation sur trois jours dans le cadre du cycle ‘Los Comunes del Cine’ où seront présent-e-s les cinéastes Leonor Guerra, Victor de las Heras, Pilar Monsell et Camilo Restrepo. 

¡Viva el L’Abo! Celuloide y activismo – 4, 5 et 6 décembre 2025

Plus près d’ici, nous aurons la chance de pouvoir aller aux projections suivantes de films passés par L’Abominable :


J’ai marché jusqu’ici

Collectif – chantier cinématographique

Mercredi 19 novembre 2025 à 18h
Petit auditorium du Collège des Bernardins, Paris

S8, Super 16 mm, vidéo HD sur vidéo, Couleur et N&B, son, 40’28, 2024

J’ai marché jusqu’ici est issu d’une réalisation collective mise en chantier par Élisa Le Briand et Yoana Urruzola – association Tard la nuit – en collaboration avec le laboratoire cinématographique partagé L’Abominable. Cet atelier itinérant s’est déroulé pendant 4 ans avec des adhérent.e.s et participant.e.s, des animateurs et animatrices des Groupes d’Entraide Mutuelle de Saint-Denis, Montreuil et Épinay-sur-Seine, du Service d’Accompagnement à la Vie Sociale de Stains et de la Trame à Saint-Denis.

Commencé en 2020 le film s’est construit un pied après l’autre, d’ateliers en séjours, ici et ailleurs. Il dessine chemin faisant un territoire et les contours d’une fabrication commune.

20 rue de Poissy

75005 Paris

M° Maubert-Mutualité ou Cardinal Lemoine (ligne 10), Jussieu (ligne 7) 

Entrée libre sur réservation en adressant un mail à :  veronique.lethu@collegedesbernardins.fr
Plus d’infos sur le séminaire ici.


Une île et une nuit

Les Pirates des Lentillères

Mercredi 19 novembre 2025 à 19h
Césure, Paris 5ème


16mm, couleur et n&b, son, 100’, 2023

Autour du feu, voyageurs et pirates se racontent leurs souvenirs, leurs rêves, leurs batailles. D’une langue à l’autre, de récit en récit se font entendre le grondement de la tempête et le bruissement des feuilles, les sirènes menaçantes et les danses endiablées, le choc des sabres et le chant des oiseaux. Jusqu’à l’aube se dessinent mille et un chemins de cette île imaginaire mais pourtant bien réelle.


Parcours d’auteure avec Frédérique Menant

Jeudi 20 novembre de 14h30 à 18h
Les Écrans Documentaires – Arcueil, Espace Jean Vilar

« A l’occasion de la rencontre, Frédérique Menant reviendra sur le processus de création des films projetés et présentera des étapes de son projet en cours d’élaboration La part du temps . Nous découvrirons comment la cinéaste cherche à élaborer des dispositifs techniques et esthétiques conformes à ses projets pour saisir de quelle manière se nouent enjeux esthétiques et question de méthode. Nous explorerons notamment avec elle comment ses rencontres avec les collectifs de l’Etna et de l’Abominable lui ont ouvert le champ du travail en pellicule, transformant son rapport à la fabrication des images et des sons en une approche plus sensible et plus intime pour recomposer le réel. » Sabrina Malek

14h30
La métamorphose d’Agnès Sorel – HD / 5mn
Mue(s) – 16 mm /10mn
Le jardin – 16 mm sur vidéo / 15mn
Agua de Vinagre – 16mm sur 35 mm / 40 mn

16h
Discussion et projection de Gymnastes et d’extraits du film en cours La part du temps

Espace municipal Jean Vilar
1 rue Paul Signac
94110 Arcueil
RER B Arcueil Cachan


Le cinéma argentique comme Patrimoine Culturel Immatériel

Depuis 2024, une démarche d’inscription à l’inventaire national du Patrimoine Culturel Immatériel des pratiques et savoir-faire du cinéma argentique a été initiée en France. Le processus, qui aboutira à la rédaction d’une fiche d’inventaire, est co-porté par le Centre National du Cinéma, l’association L’Abominable et Gilles Chétanian pour le Club des Collectionneurs du Cinématographe et est soutenu par le ministère de la Culture et le département de la Seine-Saint-Denis.

Le projet cherche d’une part à faire un état des lieux des pratiques et des savoir-faire tels qu’ils se vivent aujourd’hui sur toute la chaine du photochimique (de la prise de vue à la projection, des laboratoires à la conservation) et d’autre part à proposer un ensemble de mesures de sauvegarde pour assurer la pérennité du format argentique dans les années qui viennent.

Le travail fait à L’Abominable en lien avec les institutions sur ce projet vient compléter le travail accompli au jour le jour dans le réseau filmlabs avec les projets Spectral ou REMI, les workshops organisés sur tous nos continents, nos échanges lors des rencontres internationales des labos, etc. – avec toujours en ligne de mire, la pérennité de nos pratiques pour la création. La dimension collaborative des projets d’inscriptions, ainsi que leur mise en avant d’un patrimoine vivant et transmis rencontre tout un ensemble de questions qui sont au cœur des laboratoires partagés.

Amorcée en France autour d’entretiens avec des praticiennes et praticiens de la pellicule, la démarche est participative et veut mettre autour de la table secteur commercial et non-commercial, industrie et artisanat, techniciens et artistes, professionnels et amateurs afin de mesurer les difficultés et les solutions communes aux différentes pratiques.

Ainsi toutes celles et ceux qui sont amenées à toucher de la pellicule aujourd’hui ont une place dans cette enquête que vous soyez assistante cheffe opératrice, archiviste, artiste, projectionniste, enseignante, etc.

Étant donné le caractère mondial de ces pratiques et savoir-faire, la logique voudrait qu’ils puissent être inscrits à la liste du Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO en tant que pratiques internationales. Pour cela, l’UNESCO demande qu’une ou plusieurs inscriptions nationales soient déjà réalisées. Afin d’atteindre un jour cet objectif, il faudrait donc que d’autres personnes dans d’autres pays que la France puissent mener une démarche parallèle, en parlant avec celles et ceux qui travaillent en argentique aujourd’hui et en se rapprochant des institutions qui peuvent proposer une inscription. Si cette démarche peut vous intéresser, n’hésitez pas à entrer en contact avec nous si vous souhaitez échanger à ce sujet.

Pour ce qui est de l’état des lieux en France, le projet a généré beaucoup d’énergie ces derniers mois avec l’organisation d’un groupe de travail au sein de L’Abominable. On a ainsi pu rencontrer une grande partie des personnes s’intéressant à ces questions et notamment faire le tour des laboratoires partagés à Marseille, Rennes, Nantes ou Paris. L’inscription est maintenant bien lancée et est imaginée une reconnaissance officielle des pratiques et savoir-faire argentiques en tant que patrimoine culturel immatériel pour fin 2026.

En plus de ces entretiens menés, nous avons eu l’envie de proposer la collecte d’informations plus larges qui permettrons à toutes et tous de pouvoir faire part de leurs expériences et donner au projet un volet plus quantitatif, à travers un questionnaire partagé sur toute la chaîne de l’argentique.

Si vous êtes en France, nous vous invitons donc à remplir l’un de ces deux questionnaires :

Ainsi vous pouvez remplir pour vous et pour votre lieu, association, entreprise.

Ce questionnaire à vocation à circuler le plus largement possible (labo ou non), partagez-le avec les membres de vos labos, avec vos ami-e-s, avec vos collègues !

Nous savons que la notion de patrimoine culturel immatériel est peu connue et peut susciter de la curiosité et des questions. Dans le cadre de cette démarche participative il est important que tout le monde puisse se sentir à l’aise avec cette notion et la mobiliser au service de leurs projets dans la perspective d’une continuité et d’une évolution des pratiques argentiques.

Ainsi, nous vous invitons à une visio d’information (en français) sur le projet d’inscription au printemps 2026 en présence de membres du groupe de travail de l’Abominable, de la direction du Patrimoine du CNC, du ministère de la Culture et du département de la Seine-Saint-Denis.

Vous pouvez vous y inscrire en suivant ce lien.

Si le projet vous intéresse plus précisément et que vous voulez être tenu-e au courant, ou nous poser des questions sur la possibilité d’inscription à l’international, n’hésitez pas à nous écrire par ici : emmanuel@l-abominable.org

L’association L’Abominable