Mer de Martine Rousset

 

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L'Abominable risque d'être expulsé de ses locaux suite à une procédure menée par le nouveau propriétaire des lieux. Victime, comme tant d'autres, des appétits voraces des spéculateurs immobiliers, ses activités sont menacées. En attendant de trouver le lieu où reconstruire cet outil indispensable à leur travail, quelques cinéastes ont accepté de mettre gracieusement à disposition une copie personnelle de leur film pour constituer ce programme.

Ces films sont par ailleurs distribués par Light Cone. Ces copies sont donc à votre disposition, à prix libre, uniquement si vous souhaitez projeter le programme dans son ensemble.

Télécharger le programme en pdf.


Pour nous contacter : labo@l-abominable.org








K (LES FEMMES)
Frédérique Devaux
2003 / 16 mm / couleur / son / 5 min

K, pour Kabylie, est une chronique en plusieurs parties.
Cette troisième partie traite des femmes.
Jamais encore un sujet ne s'est prêté aussi bien à ma pratique expérimentale. En Kabylie, une femme n'est jamais majeure. Comme partout dans le monde, ce sont elles qui s'occupent des enfants, de la famille, du ménage. Elles sont effacées (au sens propre du terme) de la vie sociale extèrieure. Ce sont des ombres qui s'activent dans tous les espaces qui leur sont exclusivement réservés (notamment la fontaine) . Malgré tout, elles sont solidaires, elles chantent, elles dansent ...

http://www.lightcone.org/fr/film-3534-k-les-femmes.html

 

 

 

TERMINUS FOR YOU
Nicolas Rey
1996 / 16 mm / n&b / son / 10 min

 

Il y a fort longtemps, l'homme, ému de l'âpreté des dénivellations de ce bas monde, inventa l'escalier. Debout en bas de ces quelques marches, assis à leur sommet, contemplant le paysage, l'homme eût un instant de bonheur. Mais sa joie fut de courte durée. C'est seulement beaucoup plus tard, après de longs siècles passés à monter et descendre ces foutus escaliers qu'il avait construit un peu partout, que l'homme, dans un sursaut technologique, inventa l'escalier mécanique, qu'il baptisa du doux nom d'"escalator". Enfin, le vieux rêve de s'élever sans effort dans les airs ou de s'enfoncer dans les entrailles de la terre devenait accessible au plus grand nombre !
Fort de ce succès, l'homme décida d'appliquer le même système à quelques couloirs du métro, dont la grande longueur n'avait d'égale que la malheureuse platitude. Certes il n'était point question ici d'altitude, mais peut-être la simple accélération du mouvement des corps fournirait-elle suffisamment d'excitation à l'être humain pour le désennuyer. Le cinéma, inventé à peu près à la même époque que le métropolitain, ne réussissait-il pas à divertir les foules rien qu'en agissant sur l'ouïe et la vue ? Rien n'y fit : on s'ennuyait toujours aussi ferme dans les couloirs de M. Bienvenüe.

L'homme fit alors preuve de génie. Il décida de placer sur les murs, à intervalles réguliers, d'immenses placards publicitaires multicolores.
Enfin, tout s'éclaira : le perpétuel va-et-vient des piétons translatés, la tragédie de leur croisement, le choc de leur évitement,...

L'espace devint le temps
et le temps se fit
rencontre avec l'inconnu.

Le cinéma, toujours pas mort,
n'était pas mal placé
pour en être le témoin.

http://www.lightcone.org/fr/film-1229-terminus-for-you.html

 

 

 

PARTIES VISIBLE ET INVISIBLE D'UN ENSEMBLE SOUS TENSION
Emmanuel Lefrant
2009 / 16 mm / couleur / son / 7 min

Afrique, 2003 : mécanismes de la mémoire et du souvenir.
J'ai filmé un paysage de brousse, et enterré simultanément un ruban de film à l'endroit même où ce plan a été filmé : l'émulsion, victime de l'érosion, est ainsi sujette à une dégradation biochimique. Le résultat de ce processus naturel de dégradation est ainsi conservé sur la pellicule dans son état de dissolution. Ces deux images, et leurs versions négatives, sont ensuite entremêlées au moyen des techniques de bi-pack et de surimpression.
Ces paysages en fusion, c'est la logique d'un monde qui se révèle. Un monde bipolaire, où l'invisible prend corps en même temps que le visible, où l'un se dissout dans l'autre et vice versa.

http://www.lightcone.org/fr/film-5833-parties-visible-et-invisible-dun-ensemble-sous-tension.html

 

 

PROMENAUX
Stefano Canapa
2000-2001 / 16 mm / n&b / son / 12 min

 

C'est d'abord une prise sur le réel, un jeu de regards entre une foule anonyme. Puis le crépuscule, une nuit étrange, les mots de Rimbaud: la recherche sur l'image devient prépondérante. Au réveil, on découvre ainsi un "réel merveilleux", un espace sans repères, fluctuant et trempé dans le rêve.
"J'ai apprécié ce parcours, quasiment une dérive dans Paris avec l'irruption de temps suspendu mais aussi des moments tellement imbibés de cinéma. Des plans parfois ressurgissaient, évoquant des souvenirs d'un cinéma moins expérimental. J'ai apprécié cette oscillation entre l'aspect documentaire et une intimité faisant irruption, mais jamais ostentatoire. Rimbaud m'a plus surpris ; le texte tout au moins. Il y a une élégance dans la retenue, une fascination pour des actions et des comportements qui n'ont d"autre nécessité que leur présence." (YB)

http://www.lightcone.org/fr/film-2809-promenaux.html

 

 

 

CHARLEMAGNE 2 : PILTZER
Pip Chodorov
2002 / 16 mm / couleur / son / 22 min

 

 

 

Le 9 décembre 1998, Charlemagne m’a demandé d’emmener des amis à son concert piano à l’occasion d’un vernissage à la galerie Piltzer à Paris; et aussi d’y emmener une caméra.
J’ai exposé deux bobines de Super-8 tri-x à 9 images par seconde (5 minutes d’images), et j’ai enregistré le son sur mini-disc (22 minutes de son). je ne pensais plus à ces bobines, qui sont restées non développées pendant deux ans et demi. Quand je les ai retrouvées en juin 2001, je les ai traitées comme négatif. J’ai été surpris par le résultat et je les ai gonflées en pellicule 16mm positive haut contraste. Puis j’ai tiré par contact le 16mm positif sur du 16mm négatif. Ensuite, avec une tireuse optique, j’ai tiré image par image à travers ces bobines master négatives et positives sur de la négative couleur à travers des filtres colorés, en suivant une notation précise du concert. J’ai choisi les principes suivants :
- les 6945 notes jouées pendant le concert correspondent aux 6923 images de la pellicule Super-8 qui a été tournée. Aucune image n’est omise, ni tirée deux fois.
- la vitesse du pianiste dirige la vitesse de défilement des images.
- les quintes diminuées discordantes dans la musique sont traduites en discordance visuelle, selon les méthodes suivantes, pour chacune des sept parties du concert, en essayant de répliquer dans le cortex visuel les harmoniques (overtones) qui se manifestent, en écoutant, dans le lobe temporel :
# oscillation entre positif et négatif
# oppositions sur la roue de couleur (bleu/jaune)
# oppositions de sensibilité des cônes rétiniens (rouge/vert)
# différentes fréquences de clignotement (battements en dissonance)
# groupements d’images noir et blanc négatives et monochromes pour créer des images
antômes harmoniques (overtones) rétiniennes
# masquages de l’écran droite/gauche et impression des images en miroir
# fondus enchaînés entre les mêmes images négatives et positives.
- quand plus de deux notes sont jouées, les couleurs additionnelles correspondent à la complexité des fréquences sonores.

Le résultat final est à la fois un journal filmé spontané, un document-trace du concert, un flicker film structuraliste, un film traité à la main, une représentation graphique de la musique, et un essai de l’application des principes de la science cognitive de la sensation et la perception à l’art cinématographique.

http://www.lightcone.org/fr/film-3072-charlemagne-2-piltzer.html

 

 

 

Olivier Fouchard
NEUF ET DEMI
1999 / 16 mm / n&b / sil / 3 min

Il s’agit d’un autoportrait qui s’efface, laissant la place à une danse de rythmes lumineux. Tourné originellement en 9,5mm, le film a été tiré sur film positif n/b haut contraste 16mm. Merci à Mr Eliopoulos, Laurent Huyart, Large Films, Mahine ROUHI, l’atelier MTK et Light Cone.

http://lightcone.org/fr/film-2383-neuf-et-demi.html

 

 

 

MER
Martine Rousset
2003 / 16 mm / couleur / son / 20 min

«La mer est un langage dont on a perdu le sens.» J.L. Borges

la méditérranée, celle ci. Le soleil.
de l’écrit sur l’eau ?
la rumeur violente du vent des vagues.
la voix sauvage de l’écrit de l’eau.
quelques fictions enfantines dans l’écrit de l’eau sûrement très cruelles,
des jeux de guerre.
langage perdu.
enfance souveraine.

c’est la mer qui gagne. bien fait.

http://www.lightcone.org/fr/film-3458-mer.html