Printed Sunset

Andrès Baron

16mm, couleur, son num., 6’40’’, 2017

Il semble que la représentation d’un coucher de soleil est plus présente dans notre système perceptif que l’actuelle expérience d’un coucher de soleil réel. Cette image est similaire à un code, un signe qui réduit un phénomène naturel complexe, qui ne se reproduit jamais de la même manière, à un spectacle familier et répétitif : la transition du jour à la nuit. C’est une abstraction, un langage.

Intitulée de façon littérale, Printed Sunset est une installation composée d’un film photochimique diffusé en boucle en 16mm de six minutes et de trois plaques métalliques imprimées. Le film montre deux femmes assises contemplant un coucher de soleil imprimé. Vectorielle et artificielle, élaborée grâce à la manipulation d’options pré-programmées du logiciel Illustrator, cette image a été imprimée sur papier photographique et montre trois phases de coucher de soleil : la première avec la forme circulaire complète du soleil, la seconde montrant la moitié du soleil divisé par la ligne d’horizon et la dernière avec sa ligne nue, révélant seulement les restes de lumière qui succèdent au soleil une fois couché. Ces trois images suivent et sont intercalées avec celles des corps et des visages des deux femmes qui regardent le spectacle, et elles sont accompagnées d’une bande son diffusée en boucle.

Sur les trois plaques métalliques, le coucher du soleil est gravé en sérigraphie (quadrichromie), montrant ses trois phases correspondant à celles du film. L’idée est de faire ressortir une image créée dans un environnement entièrement numérique pour la rendre lapidaire dans un milieu mécanique et physique (la sérigraphie sur métal). C’est une sorte de traduction d’un medium à un autre : passage d’un premier, lisse et latent, à un deuxième complètement tactile et solide.

Je voulais simuler ce phénomène à travers une image imprimée fixe, tout en imitant l’expérience de sa contemplation. Le film essaie de recréer artificiellement une émotion avec des moyens factices. La pose des modèles, stéréotypée, inexpressive et presque immobile les érige en symboles vivants. Ce qui m’intéresse est le basculement du contenu d’un lieu à un autre, et de parvenir à la construction du sens avec la participation de l’observateur.