Archives de catégorie : Actualités

Films récents de L’Abominable
les 18 et 19 décembre

Programme de films récents, ou encore jamais montrés,
passés par L’Abominable, en présence des cinéastes…

Le dimanche 18 à partir de 15 heures
et le lundi 19 décembre à 20 heures
à la Parole Errante Demain

Entrée libre, 9 rue François Debergue à Montreuil ( M° Croix-de-Chavaux )

Dimanche 18 décembre

 à 15 heures

MHB/DK de David Kidman Portrait de Marie-Hélène Breuil, 2016
installation/affiche et ipad, 16mmm & vidéo, sur papier et vidéo n&b, durée variable,
L’affiche MHB DK est constituée de photogrammes 16mm, chacune est une image portrait de Marie-Hélène Breuil, ma femme et chaque bande est une séquence du film portrait. Ceux qui ont des téléphones ou tablettes avec une application de lecture de code QR peuvent y accéder par les images du film qui défilent dans un film monté avec des séquences de Marie-Hélène en couleurs, en train de me donner des explications de ce que je dois filmer, son visage six fois, ou le soleil huit fois, afin de fabriquer un code qui sera lisible une fois mis en affiche. Le film apparaît sur une page internet non répertoriée une fois que le code QR formé par les photogrammes a été lu.
Les deux films ont été tournés dans notre jardin et développés à l’abominable à la main.

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Portrait-Collage Jacques Ibert de Anaïs Ibert
16mm & vidéo sur vidéo, couleur et n&b, son, 3’, 2015
Portrait de l’artiste Jacques Ibert.
«Quand tout glisse entre les doigts, finissent par s’échap­per des oiseaux» J.I

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Cilaos de Camilo Restrepo
16mm sur vidéo, couleur, son, 12’48, 2016
Pour tenir la promesse faite à sa mère mourante, une jeune femme part à la recherche de son père, homme volage qu’elle n’a jamais connu. En chemin, elle apprend rapidement que l’homme est mort. Son plan ne change pas pour autant, elle doit retrouver son père.
Porté par le rythme envoutant du maloya, chant rituel réu­nionnais, Cilaos explore les liens profonds et troubles qui unissent morts et vivants.

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Musication de Mariette Michaud
16mm, couleur, son, 5’, 2016
Passage, rebond, renaissance. Entre les os, trouver un chemin.

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Blissful Minutes de Tatia Shaburashvili
16mm, couleur, son, 8’, 2015
Le film est fait avec mes grands-parents lors de l’un de mes séjours d’été avec eux. Ce fut une tentative pour capturer une sorte d’harmonie dans laquelle ils vivaient avec le temps et l’espace, mais encore plus pour montrer mon admiration pour eux.

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à 16 heures

Salaud d’argent (Que ma langue s’attache à mon palais) du Groupe Boris Barnet
16mm & Super 8 sur 16mm, n&b, son opt., 33’, 2016
Une fiction-essai en 16mm noir et blanc tournée entre 2008 et 2014 dans le bâtiment occupé par la coordination des Intermittents & précaires d’Île-de-France et ses entours. Ce film a été conçu et interprété par des protagonistes de cette coordination, qui fut expulsée. La fable de ce film-essai, extraite de la littérature américaine, se déroule en 1938, au café de la gare de Chicago. Il y est question du récit d’un départ soudain et définitif qui doit s’effectuer dans les 22 minutes, temps nécessaire à une explication. 

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à 17 heures

Fractions de Guillaume Mazloum
16mm & Super 8 sur 16mm, n&b, son opt., 45’, 2015
Fractions est un film en sept parties. Sept séquences avec pour chacune, un motif et une référence à un texte à caractère politique, afin de créer un espace de réflexion sur la portée et la responsabilité de ces images. A mi-chemin entre autoportrait et témoignage, chacune de ces fractions est une pensée autonome, restant néan­moins nécessaire à la restitution globale d’une recherche personnelle sur la pratique cinématographique, en corré­lation avec la pensée émancipatrice.

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à 19 heures

Des spectres hantent l’Europe
de Maria Kourkouta & Niki Giannari
16mm et vidéo sur vidéo, couleur et n&b, son, 99’, 2016
La vie quotidienne des migrants (Syriens, Kurdes, Pakis­tanais, Afghans et autres) dans le camp de Idomeni. En attendant de traverser la frontière gréco-macédonienne : des queues pour manger, boire du thé, pour consulter un médecin. Un jour, l’Europe décide de fermer ses frontiè­res une bonne fois pour toutes. Les «habitants» de Ido­meni, décident, à leur tour, de bloquer les rails des trains qui traversent la frontière…

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 Lundi 19 décembre

 à 20 heures

Des provinces lointaines de Catherine Libert & Stefano Canapa
16mm sur vidéo, couleur et n&b, son, 84’, 2015
Des cimes enneigées du Mont-Cenis aux collines qui s’étendent après la ville de Turin, en passant par le site occupé par le mouvement No TAV et les rives du fleuve Dora, le film se construit autour de la rencontre avec le faire et la vie cinéma de deux cinéastes piémontais, To­nino De Bernardi et Alberto Momo.
Des provinces lointaines a été pensé – et vécu – comme l’étape introductive de Chemins de traverse, un road mo­vie cinématographique qui parcours l’Italie du nord au sud à la recherche d’un cinéma indépendant et résistant, avec Enrico Ghezzi – célèbre initiateur de la transmission culte Fuori Orario – en guise de passeur.
Les Champs Brûlants, tourné entre Rome et Pozzuoli, présenté à Lussas en 2011 en était le premier volet réa­lisé.

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Le navire Argo – présentation

A l’occasion de ses vingt années d’existence, dont cinq passées à La Courneuve, L’Abominable vous invite à une série de projections exceptionnelles dans la salle de projection tout récemment installée dans le labo. Une programmation libre, à plusieurs mains, qui tente de dessiner en reliant des points singuliers d’une constellation improbable, la pertinence qu’il peut y avoir à continuer à travailler la matière film.

Une semaine bien remplie pour voir ou revoir, projetés en pellicule, une série de films bien trempés. Et comme il n’est pas d’invention au présent sans mémoire, ni de modernité sans la profondeur du temps, nous avons choisi d’ouvrir nos yeux et nos oreilles à un ensemble de films produits entre 1925 et aujourd’hui. Certains ont été fabriqués a la mano dans des laboratoires semblables au nôtre, et d’autres dans des contextes de production tout différents, mais tous explorent une potentialité sensible du travail en pellicule.

Naviguant d’un astre à l’autre, faire un film, ce sera avoir la force de porter à bout de bras une lourde caméra 35 mm emmenée par un peuple en transhumance à travers les montagnes d’Iran ; ou bien avoir la patience extrême de déclencher des jours durant une image par une image pour faire des films magnifiques et inédits ; ou encore bricoler avec peu d’argent et beaucoup de poésie un cinéma africain qui tire son irrévérence au colon de là-bas ou d’ici. Ou, dans une autre perspective, creuser jusqu’au vertige ce que le cinéma peut avoir de force d’apparition, et le désir qui va avec. Cela pourra aussi signifier entrer en résonance, avec l’outil-cinéma pourtant si contraignant — son séparé et bobines de dix minutes — avec un enfant aveugle ou des musiciens improvisant ; tisser avec un texte splendide, lu, simplement lu pour être entendu, des images qui semblent sorties d’un temps immémorial, ou bien arriver, par une plastique très particulière, à produire une telle inquiétante étrangeté qu’on en sort tout chose. Ou l’occasion de déjouer les codes du cinéma dominant pour évoquer en finesse comment il peuple nos imaginaires, ou bien encore, réussir par des moyens minimes mais puissants à transformer la vie d’un village du nord du Portugal récemment libéré du joug de Salazar, en un extraordinaire hors-sol où l’imaginaire enceint en permanence la réalité sociale.

Bienvenue à bord du navire Argo.
Bienvenue au cinéma, tout simplement.

Télécharger le programme en pdf (dépliant)
Plan d’accès à L’Abominable

Entrée libre pour les projections à L’Abominable.
Tarif découverte (3 euros) pour la séance de Touki-Bouki à l’Etoile le jeudi 8 à 21h.

Portes ouvertes du laboratoire tous les jours une heure avant le début des séances.
Restauration sur place à prix libre.


MERCREDI 7 DÉCEMBRE

18h – – – – – – – – – – – – – – – 
Grass : A Nation’s Battle for Life
de Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack et Marguerite Harrison
Iran, 16mm, n&b, silencieux, 65’, 1925


21h – – – – – – – – – – – – – – –

L’ Angle du monde de Philippe Cote
France, Super 8mm, n&b et couleur, silencieux , 32’, 2006

Images inédites de David Dudouit
France, 16mm, n&b, silencieux, 2016


JEUDI 8 DÉCEMBRE

18h – – – – – – – – – – – –
Séance de films du Collectif Mohamed
Le garage
France, super 8, couleur, son, 30’, 1979
Zone immigrée
France, super 8, couleur, son, 40’, 1980
Ils ont tué Kader
France, super 8, couleur, son, 20’, 1980

21h – – – – – – – – – – – –
Cette séance aura lieu au Cinéma l’Etoile de La Courneuve
Touki Bouki de Djibril Diop Mambéty
Sénégal, 35mm (vostf), couleur, son, 85’, 1973


VENDREDI 9 DÉCEMBRE

18h – – – – – – – – – – – – – —
Gradual Speed de Els van Riel
Belgique, 16mm, n&b, son, 52′, 2013

21h – – – – – – – – – – – – – –
Herman Slobbe, l’enfant aveugle n°2 de Johan van der Keuken
Pays-Bas, 16 mm, n&b, son, 29’, 1966
Step across the border de Nicolas Humbert et Werner Penzel
Allemagne/Suisse, 35mm, n&b, son, 90’,1990


SAMEDI 10 DÉCEMBRE

15h – – – – – – – – – – – – – – –
Chemins de Martine Rousset
France, 16mm, n&b et couleur, son, 60’, 2016

18h – – – – – – – – – – – – – –
Ah, Liberty! de Ben Rivers
UK, 16mm anamorphique, n&b, son, 20’, 2008

Wolkenschatten de Anja Dornieden et Juan Gonzalez Monroy
Allemagne, 16 mm, couleur, son, 17′, 2014 

21h – – – – – – – – – – – – – –
Quixote de Bruce Baillie
USA, 16mm, N&B, Coul., son, 44’,1965

M…H de Gaëlle Rouard
France, performance 16mm, n&b et couleur, son, 36’, 2016


DIMANCHE 11 DÉCEMBRE

16h – – – – – – – – – – – – – – – – –
Trás-os-Montes de António Reis et Margarida Cordeiro
Portugal, 35mm, n&b et couleur, son, 111’, 1976

 

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Remerciements
à la Cinemateca Portuguesa, à la Cineteca di Bologna, à Documentaire sur Grand Écran, au Collectif Jeune Cinéma, à Lux, au cinéma l’Étoile, à la SFAV, à Joe Bender et à tous les cinéastes !

Le navire Argo – mercredi 7 décembre

MERCREDI 7 DÉCEMBRE à 18 et 21 heures

à 18 heures

 Grass : A Nation’s Battle for Life

de Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack et Marguerite Harrison
Iran, 16mm, n&b, silencieux, 65’, 1925

photo_grassAu début des années 1920, les trois réalisateurs suivent la transhumance mouvementée et spectaculaire des bergers nomades bakhtyâri à travers les monts Zagros. Tiré de ce périple, le film Grass met en scène le peuple bakhtyâri et sa lutte contre un environnement hostile. Entre film d’aventures et documentaire anthropologique, Grass témoigne aussi de la réflexion qui anima le cinéma hollywoodien des années 1920, une recherche cinématographique perceptible que l’on retrouve notamment dans la réalisation de King Kong par Cooper et Schoedsack quelques années plus tard.

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à 21 heures

Une séance consacrée aux films jamais montrés du cinéaste David Dudouit. David était un ami et camarade de beaucoup d’entre nous au l’abo. Il a passé de longs temps de sa vie à voyager, à retourner dans les lieux qu’il aimait et filmer faisait partie intégrante de ses voyages. David est décédé en avril 2015 en nous laissant, entre tous les souvenirs, ses images.
À l’occasion de ce programme, nous avions souhaité accompagner le travail de David avec un film du cinéaste Philippe Cote, avec qui David entretenait un dialogue sur le cinéma et partageait l’attachement à un endroit du monde, les îles du Finistère. À notre immense tristesse, Philippe s’est éteint à son tour, ce jeudi 24 novembre, alors que certain(e)s d’entre nous étaient de ses ami(e)s les plus proches. Cette séance tissée d’échos sera l’occasion de se rassembler autour de leurs précieuses images, à leur mémoire.

L’Angle du monde

de Philippe Cote
France, Super 8mm, n&b et couleur, silencieux , 32’, 2006

2_angle« Ensemble d’impressions ressenties lors de différents séjours sur les îles d’Ouessant, de Sein et de Molène. L’angle du monde participe de mon désir de diriger la caméra vers des paysages, des espaces, des gens, de se laisser surprendre et étonner par ce qui se présente… Ici les métamorphoses de la lumière, de l’eau, de la terre, du ciel et de l’humain. Le film s’inscrit aussi dans un hommage à ce courant poétique du cinéma des îles et à leurs auteurs, Powell, Flaherty, Epstein.» (Philippe Cote)

Images inédites

de David Dudouit
France, 16mm, n&b, silencieux, 2016

 Avant de nous quitter, David avait commencé un travail d’assemblage et de tirage de certains plans, en vue de les partager avec un public. En son absence, nous nous sommes mis à regarder ensemble ces images et avons découvert l’ampleur exceptionnelle de son travail.
Nous avons alors essayé de l’articuler, afin de pouvoir le montrer. C’est une tentative qui commence, entre rushes et films aboutis, un voyage sensible dans le monde de David. Cela ne peut s’apparenter à un montage, plutôt à un choix de séquences existantes, mises bout-à-bout, et la poursuite de ce qu’il avait commencé.
De cette pratique singulière s’exprime un rapport sensible presque magique à l’acte cinématographique : des dizaines de mètres de pellicule exposée image par image à la main, une recomposition patiente de l’espace et du temps de ses voyages.

 

Le navire Argo – jeudi 8 décembre

JEUDI 8 DÉCEMBRE à 18 heures à L’Abominable et à 21 heures au cinéma L’Etoile

à 18 heures (au L’Abo)

Collectif Mohamed

Le garage France, super 8, couleur, son, 30’, 1979

Zone immigrée – France, super 8, couleur, son, 40’, 1980

Ils ont tué Kader – France, super 8, couleur, son, 20’, 1980

Cette séance est consacrée aux films du Collectif Mohamed. Entre 1977 et 1981, des jeunes adolescents, habitant des cités d’Alfortville et de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, se réunissent et forment le Collectif Mohamed. Ensemble ils tournent trois films de court-métrage. Ce projet naît de leur volonté de filmer leurs propres images, de raconter par eux-mêmes leurs histoires, d’enquêter au sein des cités où ils vivent, de s’amuser, mais aussi de produire un discours politique et donner forme à leur révolte. Ils se sont cotisés et ont acheté quelques bobines Super-8, le support amateur de l’époque, ils ont emprunté du matériel dans leur lycée, et monté leurs images avec l’aide d’un enseignant. Ces films ont été distribués par AUDIOPRADIF, un collectif qui « aidait tous ceux qui ont quelque chose a dire et des luttes à porter, à mettre en forme ces projets et à les diffuser partout où c’est possible, pour changer la vie, car c’est l’affaire de tous ».

4_mohamed2 Le Garage
Un court documentaire-fiction, où les jeunes filment leur quotidien et leurs amis. Le film se tourne autour du « Garage », un lieu que les jeunes ont obtenu dans la cité, afin de pouvoir se rassembler autre part que dans la rue, avoir un espace à eux, un lieu où organiser des réunions, des activités d’éducation diverses, des rencontres, des fêtes.

 Zone Immigrée
Une enquête dans la ville pour interroger l’agression d’un jeune par un chauffeur de bus. Un peu partout dans la rue, le collectif va à la rencontre des gens pour se demander quelles sont les causes et les effets de certaines formes de violence.

 Ils ont tué Kader 
Un film qui prend le chemin du combat politique. Suite à la fermeture du garage, les jeunes sont obligés de se rassembler dans la rue. Un soir un gardien tire sur l’un d’eux, Kader, et le tue. Suite à cet événement, les médias viennent dans la cité, pour faire un reportage et pour récupérer des images de leurs films. Un film qui pose de nombreuses questions sur le rôle des médias en banlieue, et sur la nécessité de produire soi-même des images.

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à 21 heures (à l’Etoile)

Touki Bouki

de Djibril Diop Mambéty
Sénégal, 35mm (vostf), couleur, son, 85’, 1973

5_toukiA Dakar, où il est venu vendre son troupeau, Mory, un jeune berger, rencontre Anka, étudiante. Au sein d’une société cruelle, coincée entre tradition et modernité, ils forment un couple de marginaux. Ils s’inventent des histoires pour s’évader et, face à la mer, rêvent de prendre un bateau qui les mènera en France. Tous les moyens leur sont alors bons pour se procurer l’argent du voyage… Un film mythique du cinéma africain.
« C’est une bonne chose pour le futur du cinéma que l’Afrique existe. Le cinéma est né en Afrique, parce que l’image elle-même est née en Afrique. Les outils, oui, sont européens, mais la nécéssité et la motivation créative existe dans notre tradition orale… L’Afrique est une terre d’images, non seulement parce que les masques africains ont révolutionné l’art à travers le monde, mais aussi simplement que paradoxalement comme conséquence de la tradition orale. La tradition orale est une tradition d’image… L’imagination crée les images et les images créent le cinéma, donc nous nous inscrivons dans cette lignée en tant que parents du cinéma. » (Djibril Diop Mambéty, 1998)

Le navire Argo – vendredi 9 décembre

VENDREDI 9 DÉCEMBRE à 18 heures et à 21 heures

à 18 heures

Gradual Speed

de Els van Riel
Belgique, 16mm, n&b, son, 52′, 2013

gradual_speed_still_for_website« Depuis quelques années, je fais des images qui tentent de rendre hommage au support analogique de la pellicule dont la technique semble actuellement en train de disparaître. Une sélection de ces images est devenue Gradual Speed, un film sur pellicule 16mm noir et blanc et en son honneur. Celle-ci a été utilisée à la fois comme matière et comme métaphore de toute matière qui est insaisissable. » (Els Van Riel)

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à 21 heures

Herman Slobbe, l’enfant aveugle n°2

de Johan van der Keuken
Pays-Bas, 16 mm, n&b, son, 29’, 1966

7_slobbe2_2Herman Slobbe est un jeune garçon aveugle que Johan van der Keuken avait rencontré deux ans plus tôt au cours du tournage de son précédent film sur la cécité L’enfant aveugle (1964). Le réalisateur filme ses déambulations et la confrontation de l’adolescent avec le monde extérieur ; il l’implique directement dans la fabrication du film en lui laissant à charge, un micro à la main, la partition sonore.

« L’enfant aveugle n°2 renvoie au néant tout ce qu’il aurait pu être (du docu humanitaire au voyeurisme honteux) et finit par nous donner accès au personnage d’Hermann Slobbe, en tant qu’il existe aussi en dehors du film, avec ses projets, sa dureté, et surtout — c’est là le plus grand scandale — son rapport à la jouissance. Le film finit sur un étrange “chacun pour soi” qui n’a de sens que parce que, pendant vingt minutes de film, chacun a été (tout pour) l’autre au regard du spectateur. » (Serge Daney, Cahiers du Cinéma, juillet 1978)

Step across the border

de Nicolas Humbert et Werner Penzel
Allemagne/Suisse, 35mm, n&b, son, 90’, 1990

8_stepDe 1988 à 1990, les réalisateurs ont suivi Fred Frith de répétitions en concerts, d’interviews en moments de solitude, des États-Unis en Europe, en passant par le Japon. Au gré de ces voyages et de ces concerts, Fred Frith rencontre d’autres musiciens, parmi lesquels : René Lussier, Iva Bittová, Tom Cora, Tim Hodgkinson, Bob Ostertag et John Zorn. Tourné en noir et blanc sur pellicule 35 mm, le film cherche à épouser la forme improvisée de la musique de Fred Frith. Le film est décrit par ses réalisateurs comme quatre-vingt-dix minutes d’improvisation sur celluloïd.
« Dans Step Across the Border il y a deux formes semblables d’expression artistique qui se rencontrent, la musique improvisée et le cinéma direct. (…) Tout est parti d’un concept : échange et mouvement. Notre souci a été de nous y tenir jusqu’au bout. Parfois nous commencions à tourner en pleine nuit après avoir eu une idée dans les minutes précédentes. Tout se passait très instinctivement comme par exemple la décision de tourner le film en noir et blanc. » (Nicolas Humbert et Werner Penzel)

 

Le navire Argo – samedi 10 décembre

SAMEDI 10 DÉCEMBRE à 15h, 18h et 21 heures

à 15 heures

Chemins

de Martine Rousset
France, 16mm, n&b et couleur, son, 60’, 2016chemins2

« Chemins est le document cinématographique d’une rencontre, celle d’un texte, d’un paysage et d’un son. Je dis document et non documentaire, à savoir ce que l’image-empreinte du cinématographe peut se constituer de mémoire et non pas de commentaire. Arpenter lieux et texte, arpenter aussi une première génération d’images, expérimenter la visibilité de la trace. Le texte est un texte de Julien Gracq : La Route (1970). Le récit d’un chemin de guerre, une guerre obscure opaque, archaïque, qui n’est pas nommée. Le paysage est un chemin d’enfance : « aux Aresquiers » aux alentours de la ville de Sète, un chemin, mille fois parcouru, un chemin passé, présent, futur, le chemin de la plage, à travers vignes et bois de pins, modeste et prosaïque. » (Martine Rousset)

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à 18 heures

Ah, Liberty !

de Ben Rivers
UK, 16mm anamorphique, n&b, son, 20’, 2008

10_libertyBen Rivers filme la vie marginale de ce que l’on devine être une famille — vivant, travaillant, jouant — dans une ferme où passent les saisons. Le film aspire à rendre une sensation de liberté, reflétée dans l’utilisation du format scope, développé à la main. La narration hésite entre documentaire et fiction post-apocalyptique.
Il n’y a pas d’histoire précise ; ni début, ni milieu, ni fin, juste des fragments de vies vécues.

Wolkenschatten

de Anja Dornieden et Juan Gonzalez Monroy
Allemagne, 16 mm, couleur, son, 17′, 2014

11_wolkenschattenEn mai 1984, pendant trois semaines, ce qui ressemble à un nuage géant plonge la petite ville de Hüllen-Hüllen dans les ténèbres. Avant la fin du mois, le nuage se disperse et la vie semble reprendre normalement. Un mois plus tard cependant, la ville est abandonnée à la hâte et ses habitants sont introuvables. Ils laissent la plupart de leurs biens derrière eux, comme pour laisser croire qu’ils pourraient revenir à tout moment.
Les recherches qui suivent conduisent les enquêteurs à une grotte dans les environs de la ville. Dans la grotte, on découvre de nombreux engins bricolés. Connectés par plusieurs miroirs et ajustés à une large série de lentilles, ils semblent devoir former un grand appareil de projection. Bien qu’à première vue il paraisse inachevé ou cassé, il se révèle finalement en état de marche. La source des images est d’abord difficile à établir, mais après plus ample observation, on découvre qu’elles sont gravées directement sur les lentilles de la machine.
À côté de la machine, on trouve également une feuille de papier recouverte d’une écriture manuscrite. Le texte est titré Wolkenschatten, « l’ombre des nuages ». En-dehors des maigres indices donnés par les images et le texte, aucune explication vérifiable de la disparition des habitants de la ville n’a jamais pu être donnée. Par souci de conservation, les images gravées ont été transférées sur du film 35 mm. Des copies du texte et des images ont été faites et archivées

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 à 21 heures

Quixote

de Bruce Baillie
USA, 16mm, N&B, Coul., son, 44’,1965

« Une vue de l’Amérique et des américains, parfois flatteuse, souvent embarrassante, toujours fascinante. Une nation et son peuple à travers les yeux d’un cinéaste contemporain : des adolescents jouant au handball à Choteau dans le Montana aux pauvres indiens de la réserve ; de la beauté des déserts du sud-ouest à l’hiver terne du nord et aux ravins de bétons des grandes villes. La trame sonore est un montage des bruits qui nous entourent. »
(Gregg Barrios)

M…H

de Gaëlle Rouard
France, performance 16mm, n&b et couleur, son, 36’, 201612_gaelleInspiré par O.W., lui-même étant inspiré par W.S.
Plutôt qu’une performance, il s’agit d’un film interprété en direct.

Toc Toc
Qui est là au nom de Belzébuth ?
Sonnez la cloche
Secouez ce sommeil épais,
la confusion a joué sa pièce maîtresse ;
et damné celui qui le premier crie : ça suffit, assez !

Toc Toc Toc
Debout ! Debout !
Sonnez la cloche de l’alarme
— cette hideuse trompette —
Réveillez-vous !
Réveillez-vous et voyez !

Toc Toc
— jamais tranquille —
Qui êtes vous ?
Qui est là au nom de l’autre diable ?
Quel est ce bruit ?
Pourquoi a-t-on crié ?
Aux armes ! Aux armes !
Levez-vous comme de la tombe,
venez voir du grand Jugement l’image même.

 

Le navire Argo – dimanche 11 décembre

DIMANCHE 11 DÉCEMBRE

à 16 heures

Trás-os-Montes

de António Reis et Margarida Cordeiro
Portugal, 35mm, n&b et couleur, son, 111’, 1976

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Trás-os-Montes est une œuvre majeure du cinéma portugais, et un des premiers films réalisé au Portugal après la Révolution des Œillets ; il est consacré à la région située au nord-est du Portugal.

Le Trás-os-Montes, à la frontière de l’Espagne, l’outre-monts, était, au sortir de la dictature de l’Estado Novo, une des régions les plus déshéritées du pays, oubliée dans ses montagnes, entre Bragança et Miranda do Douro.

Tout en mêlant les temporalités, en associant le fantastique à l’élégiaque, en captant des rituels ancestraux, le film propose un regard ancré dans l’histoire au moment où le Portugal connaissait des bouleversements irréversibles.

« brûle la mer » sort en salles

brûle la mer de Nathalie Nambot et Maki Berchache sera à l’affiche à partir du 9 novembre. C’est la première fois qu’un film passé par L’Abominable sort en salles !

A Paris, le film sortira au cinéma La Clef (34, rue Daubenton dans le 5ème, M° Censier-Daubenton) où toutes les séances dans la salle 1 seront en projection 35mm.

Lundi 7 novembre à 20h, une avant-première publique y aura lieu, en partenariat avec les Films de L’Atalante qui distribuent le film. Nathalie Nambot et Maki Berchache y seront présents, ainsi qu’aux séances de 16h45 et 20h15 du mercredi 9.

D’autres rendez-vous aux quatre vents  :

• la semaine du 9 au 15 novembre au cinéma Le Paris de Forbach, Le Club de Grenoble et deux séances par jour (13h40 et 21h15) aux Variétés de Marseille
• le 16 novembre à 14 h et 18h au Festival des cinémas d’Afrique du pays d’Apt
• le 23 novembre à 18h30 au Magic Cinéma de Bobigny (Festival Résonances)
• la semaine du 23 au 29 novembre au Club de Douarnenez
• le 24 novembre à 18h30 au Saint-André des Arts (Le Maghreb des films)
• du 30 novembre au 13 décembre au Cinéma le Méliès de Montreuil avec une rencontre avec les réalisateurs le 5 décembre.
• du 12 au 19 décembre en 35mm au Cinématographe à Nantes

Et sans doute d’autres séances ailleurs, à suivre sur la page facebook du film
Faites suivre, envoyez vos amis…

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brûle la mer de Nathalie Nambot et Maki Berchache (prod. Les Films du Bilboquet)
Super 8 et 16mm sur 35mm, 1,37, couleur, son dolby SR, 75’
image : Nicolas Rey – montage : Gilda Fine – mixage : Jean Mallet

Dans l’élan de la révolution tunisienne, après la chute de Ben Ali, 25000 jeunes Tunisiens ont pris la mer vers l’Europe, via Lampedusa. Maki Berchache est l’un d’eux. A partir de son histoire, de fragments d’images, de récits, avec ses amis de voyage ou rencontrés à Paris, brûle la mer revient sur cette tentative de liberté et la violence d’une hospitalité refusée. Comment le pays quitté devient le pays rêvé.

un article sur le film dans Africultures

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filmprojection21.org

Nous sommes heureux d’annoncer la mise en ligne du site filmprojection21.org, une initiative construite autour de l’engagement concret que représente la Charte de la projection cinématographique au XXIème siècle, rassemblant celles et ceux à qui la projection du film sur support photochimique importe.

Cinéastes, artistes, producteurs, conservateurs, distributeurs, programmateurs ou spectateurs, impliqués dans le réseau des festivals, des archives, de l’art contemporain, des salles indépendantes, et dans tous types de productions cinématographiques de l’industrie à l’underground, y affirment l’importance de construire un futur à la projection photochimique et y partagent des ressources dans ce but.

Rejoignez cette dynamique, signez la charte !

Page facebook associée au site : https://www.facebook.com/filmprojection21/


We are happy to announce the appearance of filmprojection21.org, an initiative conceived around the concrete commitment represented by the Charter of Cinematographic Projection in the 21st Century, uniting those who care about photochemical film projection.

On that website, filmmakers, artists, producers, archivists, distributors, programmers or members of the audience, whether involved in the festival network, the archival world, contemporary art, independent venues, or all kinds of film-making, from the movie industry to the underground, assert the importance of building a future for photochemical film projection and intend to share resources toward that goal.

Join this movement, sign the charter!

Associated facebook page : https://www.facebook.com/filmprojection21/


Tenemos el placer de anunciar la puesta en línea del sitio filmprojection21.org, una iniciativa elaborada en torno al compromiso concreto que representa la Carta de la proyección cinematográfica en el siglo 21, reuniendo a aquellas y aquellos a quienes la proyección en soporte fotoquímico les importa.

Cineastas, artistas, productores, conservadores, distribuidores, programadores y público, involucrados en la red de los festivales, el mundo de los archivos, el arte contemporáneo, las salas independientes y dentro de todo tipo de producciones cinematográficas, desde la industria hasta el underground, afirmamos aquí la importancia de construir un futuro a la proyección fotoquímica y compartimos recursos en este sentido.

Apoye esta dinámica ¡firme la Carta!

Página facebook asociada: https://www.facebook.com/filmprojection21/

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Samedi aux Voûtes, et ailleurs…

Bonjour,

Nous vous invitons à la performance Wavelength de Stefano Canapa & Antoine Birot, qui aura lieu samedi 17 septembre 2016 à 20h30 aux Voûtes, à l’occasion de la 8ème édition de SCRATCH EXPANDED, festival organisé par Light Cone et consacré aux pratiques de cinéma élargi.

Wavelength de Stefano Canapa & Antoine Birot
16mm / n&b et couleur / sonore / 25 min. env. / 2015

Wavelength est un travail de recherche autour de la notion de signal analogique. Images et sons sont fabriqués à partir d’un Générateur de Basses Fréquences (GBF) et sont retravaillés en direct à l’aide de ce même GBF et de quelques projecteurs 16mm.

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Le programme complet de la séance organisée par Light Cone ici.

Les Voûtes / 19 rue des Frigos / 75013 Paris
PAF : 8€ / Ouverture des portes à 19h30 / Restauration sur place

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Une autre projection de deux films faits avec l’aide de L’Abominable aura lieu samedi 17 septembre, organisée par le cinéaste Victor De Las Heras et Laboratorio Reversible, à El Solar de la Puri (Poblesec), à Barcelone. Dans le programme :

Fractions de Guillaume Mazloum
16mm, n&b, son opt., 44min, 2015

Cómo crece la sombra cuando el sol declina de Camilo Restrepo
16mm, couleur et n&b, son opt., 11min, 2014

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À noter également que Cilaos de Camilo Restrepo a obtenu le Léopard d’argent SRG SSR au Festival de Locarno 2016 et suit son chemin en Amérique (TIFF, NYFF, etc.)