Archives de catégorie : Actualités

Projections en juin

Ce mois de juin, le festival Côté Court présente la première projection publique de WHAT TIME IS MADE OF de Diana Vidrascu et de MUES de Daniel Nehm et le BAL montre  MUE(S)  de Frédérique Menant.

Plus loin de Paris, David Kidman montre le portrait de Marie-Hélène Breuil MHB DK au Centre d’art contemporain La Cuisine, à Nègrepelisse dans le Tarn-et-Garonne jusqu’au 24 septembre.

A noter également : le 1er juillet à la tombée de la nuit, L’Abominable projettera Mon Oncle de Jacques Tati, en 35mm et en plein air, sur la place de la Fraternité à La Courneuve. Plus d’info là-dessus prochainement.


LUNDI 12 juin à 22h00
JEUDI 15 juin à 20h00
Ciné 104, 104 avenue Jean Lolive, 93500, Pantin

WHAT TIME IS MADE OF | Diana Vidrascu | 2016 | Couleur | 10′ |  16mm sur vidéo

Court-métrage développé a la main à L’Abominable, projeté au Festival Côté Court, dans la compétition expérimentale “Art-Vidéo”.

Et si on retrouvait une bouteille jetée à la mer avec une bobine anonyme de 16mm ? Après avoir fait cette découverte sur une plage en Bretagne, j’ai développé la pellicule pour y trouver que la mer avait laissé ses traces implacables sur les images, comme un souvenir de son voyage à travers les décennies. Pourtant, c’était des souvenirs de mon enfance.
Côté Court


MARDI 13 juin à 18h00 | Ciné 104 à Pantin
VENDREDI 16 juin à 19h00 | Louxor à Paris
VENDREDI 16 juin à 21h45 | Ciné 104 à Pantin

MUES | Daniel Nehm | 2017 | Couleur | 19′ | 16mm sur vidéo
« Mues » est un film sur un terrain en transformation. Un terrain à la périphérie de la ville, espace délaissé pendant des années, un interstice urbain. C’est l’histoire d’un entre-deux, de ceux qui parcourent ce terrain, qui le traversent, qui l’ont habité et qui imaginent son avenir.
Côté Court
Louxor


JEUDI 22 juin à 20h
Le BAL, 6 Impasse de la Défense, 75018 Paris

MUE(S) | Frédérique Menant | 2015 | N&B | 10′  |  16mm

Dans une séance du cycle « Matérialismes à l’œuvre » : “La matière à l’épreuve du corps”

J’ai traversé les solstices
Dans l’ombre, un souffle
Sous la peau, un passage

Ce film est le fruit d’une résidence de création avec la plasticienne Nathalie Menant pour l’installation MUES. 10 femmes en difficulté, suivies par l’association Joséphine, ont accepté de devenir modèles.
Le BAL


 

Ce joli mois de mai

Ce joli mois de mai, une série de séances où seront projetées des films passés par le L’Abo, dont le nouveau film de Camilo Restrepo, LA BOUCHE, qui sera montré à la Quinzaine des Réalisateurs du festival de Cannes. La film sera montré à Paris au Forum des Images début juin dans une séance de reprise de la Quinzaine.
Sur Paris
NO OUESTERN – Collectif les scotcheuses – dimanche 7 mai
MUE(S) – Frédérique Menant – samedi 13 mai
BRULE LA MER – Nathalie Nambot et Maki Berchache – lundi 15 mai
LA BOUCHE – Camilo Restrepo – samedi 3 juin
et ailleurs …
Bruxelles – MUSICATION, TREMBLEMENTS
Lyon, Marseille, Grenoble – WAVELENGTH, KAIROS
PLANCHES, CLOUS, MARTEAUX

Dimanche 7 mai à 16h
Les Grands Voisins, Ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul
82, Avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris
Cinéma avec L’Écran Voisin – Dans le cadre du Bendo Festival, Amphithéâtre Lelong
catalogueNO OUESTERN du collectif les scotcheuses
Deux stoppeuses et une chambre à air de tracteur arrivent en terre libérée.
Un vagabond erre. Hors du temps.
De mystérieuses créatures surgissent d'on ne sait où.
On dirait que ça se passe maintenant, mais il y a comme des accents post-apocalyptiques... (ou anti-capitalistes ? )
On dirait un western mais où les filles sont pas passives et les gars sont pas des machos finis.
Samedi 13, dimanche 14 mai
Espace En cours, 56 Rue de la Réunion, 75020 Paris 
catalogueFrédérique/Nathalie Menant
MUES, invité par Braquage à l'Espace En cours
Film et fragments d'empreintes
Installation, projection, lecture
Samedi 17h/20h3: installation / projections en boucle
20h30: performance, lecture
Dimanche 15h/19h: installation / projections en boucle
Lundi 15 mai à 20h
Le Champo,51, rue des Écoles, 75005 Paris 
Filmer le champ social
Maki profilBRULE LA MER⎟de Nathalie Nambot et Maki Berchache⎟France 2016⎟1h15⎟couleur⎟ Documentaire
Dans l'élan de la révolution tunisienne, après la chute de Ben Ali, 25 000 jeunes tunisiens ont pris la mer vers l'Europe, via Lampedusa. Maki Berchache est l'un d'eux. A partir de son histoire, de fragments d'images, de récits, avec ses amis de voyage ou rencontrés à Paris, Brûle la mer revient sur cette tentative de liberté et la violence d'une hospitalité refusée. Comment le pays quitté devient le pays rêvé.
Jeudi 18 mai à 20h
L'Atelier du Chat Perché, Lyon
WAVELENGTH + KAIROS

Dimanche 21 mai à 15h30
Videodrome, Marseille
WAVELENGTH + KAIROS + PLANCHES, CLOUS, MARTEAUX
Mardi 23 mai 
Le 102, Grenoble
WAVELENGTH + KAIROS

Blackmagic 5WAVELENGTH | Stefano Canapa & Antoine Birot⎟2015 | 25′ | 16mm
WAVELENGTH est un travail de recherche autour de la notion de signal analogique. Images et sons sont fabriqués à partir d’un Générateur de Basses Fréquences (GBF) et sont retravaillés en direct à l’aide de ce même GBF et de quelques projecteurs 16mm.
Une performance/célébration qui mari tube cathodique et pellicule argentique, la promesse d'un bal lumière pour crépitement de cornée...
On y danserais des yeux, hypnotisé par les 4 fois 250 watt qui propulse les vapeurs d'un canon à électron par le prisme du cinéma.
On y serait bercé par le grondement des basses fréquence d'un home-made synthétiseur qui dressant le flux électrique.
Armé de millions de grains d'argents et du signale électrique pur, Stefano Canapa et Antoine Birot  nous parlent du son et de son image, du lien qui les unis, opérant un transfert rapide et radical entre la saturation frontale d’un téléviseur chargée de basses fréquences et les palpitations chaotique de la photochimie… ils exaltent les ondes sonore pour vanter les ondes lumières. 

la islaKAIROS⎟Stefano Canapa et Elisa Ribes⎟2016⎟35 mm⎟N&B⎟son opt. Dolby A⎟11’15
Kairos est un film-poème dansé, une marche sur les rives de la Méditerranée qui évoque aussi bien la disparition du mythe des sirènes que le périple des migrants, entre exil et résistance.
Le « kairos » désigne pour les Grecs ce moment fugace
où tout se décide, le point de bascule, la fenêtre qui s’ouvre et dans laquelle il faut s’engouffrer pour saisir son opportunité.
Produit dans le cadre de l’Atelier 105 de Light Cone.

Gravayat_clousPLANCHES, CLOUS, MARTEAUX⎟Jeremy Gravayat⎟16mm N&B Sonore⎟12’⎟2015
Film-esquisse réalisé avec les techniques de L’Abominable, dans le cadre d’une résidence-enquête de deux années
menée auprès d’habitants de bidonvilles d’hier et d’aujourd’hui, sur le chemin d’un livre et d’un long-métrage.
Le bidonville de La Campa était établi à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, entre 1950 et 1970.
Y vivaient Portugais et Espagnols, Tziganes et Maghrébins, ouvriers travaillant à l’édification des banlieues françaises.
Cinquante ans plus tard, en 2015, sur le même territoire, des dizaines de bidonvilles furent détruits par les autorités.
Restent des terrains, comme traces manifestes. Vides, labourés, grillagés, calcinés. Et quelques figures, pour mémoire.

Jeudi 25  mai à 19h
CINÉMA NOVA - BRUXELLES
catalogueMUSICATION⎟Mariette Michaux⎟2016⎟BE⎟16mm⎟5'
Un film pour se réapproprier les mots, les corps, la douceur, et renaître.



tremblementsTREMBLEMENTS - Un film sans fin sur les luttes en cours, Collectif et anonyme⎟16mm⎟30'
Film à segments commencé en avril 2016 qui a la volonté d’apporter d’autres images aux tremblements actuels et l’envie de créer des films politiques, en questionnant cette notion.
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Samedi 3 juin à 16h30
Forum des Images
LA BOUCHE-photoLA BOUCHE de Camilo Restrepo (France)
Un homme apprend la mort brutale de sa fille, assassinée par son mari. Temps suspendu pendant lequel oscillent besoin d’apaisement et désir de vengeance. Un film musical interprété par le maître percussionniste guinéen Mohamed Bangoura, « Diable Rouge », librement inspiré de sa propre histoire.

Quatre projections à venir

Nous avons le plaisir d’annoncer ces quatre projections de films passés par L’Abominable ayant lieu à Paris et en proche banlieue :

• le 20 mars prochain : On ira à Neuilly Inch’Allah d’Anna Salzberg & Mehdi Ahoudig et par ailleurs :  Des spectres hantent l’Europe de Maria Kourkouta & Niki Giannari
• le 22 mars : autrement, la Molussie de Nicolas Rey
• le 1er avril : No ouestern et Sème ton western des Scotcheuses


lundi 20 mars à 20h au MK2 Quai de Loire
7, quai de la Loire, Paris 19ème. M° Stalingrad / Jaurès.

On ira à Neuilly Inch’Allah d’Anna Salzberg & Mehdi Ahoudig
16mm sur vidéo, n&b, son, 20′, 2016

Salzberg_On ira

On entend l’histoire d’une première grève, celle de jeunes travailleurs de Vélib’, le service de location de vélo parisien. On voit Paris en noir et blanc, filmé en 16 mm, au petit matin. On entend la lutte qui tente de s’organiser, avec la langue des quartiers populaires. On voit le parcours de la manifestation qu’ils auraient voulu faire, jusqu’à Neuilly, banlieue riche où se trouve le siège social de Vélib’. Le film interroge deux relations : celle des jeunes des quartiers populaires et leur place dans la société, leur désir de visibilité, et celle tendue entre image et son au cinéma. Ici, le son tient la narration, tandis que l’image porte l’évocation.

Séance intitulée « Les lucioles en colère » proposée par Documentaire sur Grand Écran dans un cycle de films et de débats sur la thématique des « Contre-Pouvoirs ».  « Alors que l’échéance électorale promet de marquer la prochaine année en France, des films surgissent de tous les coins du monde pour signifier que la vie politique ne s’en tient pas à ces marqueurs. » Le film sera suivi de la projection de Djama Mourouti La (La colère du peuple) de Frédérique Lagny et d’une rencontre avec les cinéastes.


lundi ​20 ​mars à ​​20h ​au cinéma Le Champo
51, rue des Ecoles, Paris 5ème. M° Odéon / St Michel / Cluny.

Des spectres hantent l’Europe de Maria Kourkouta & Niki Giannari
16mm et vidéo sur vidéo, couleur et n&b, son, 99’, 2016

kourkouta-giannari_spectres

La vie quotidienne des migrants (Syriens, Kurdes, Pakistanais, Afghans et autres) dans le camp d’Idomeni. En attendant de traverser la frontière gréco-macédonienne : des queues pour manger, pour boire du thé, pour consulter un médecin. Un jour, l’Europe décide de fermer ses frontières une bonne fois pour toutes. Les « habitants » d’Idomeni, décident, à leur tour, de bloquer les rails des trains qui traversent la frontière…

 ​Le Ciné-club Filmer le ​C​hamp ​S​ocial ​projette​ en avant première​ le film de​ ​Maria Kourkouta et Niki​ ​Giannari​ : ​ Des spectres hantent l’Europe. Débat en présence ​​des réalisatrices, animé par le ciné-club d’étudiants PSL/EHESS et le master Image et Société de l’université d’Evry.

 Le film a reçu le prix du meilleur film international au Jihlava Film Festival 2016.

Renseignements et Réservations auprès du *CINE-CLUB PSL-Filmer le champ social
(des places à prix ​très ​réduit sont disponibles ​pour les premiers inscrits)
Facebook


mercredi 22 mars 2017 de 18h à 21h
Amphithéâtre François Furet de l’EHESS
105, boulevard Raspail, Paris 6ème.  M° St-Placide / N.-D. des Champs.
Entrée libre

autrement, la Molussie de Nicolas Rey
neuf bobines d’après Die molussische Katakombe de Günther Anders
16 mm, couleur, son opt., 1h21, 2012

poteauporte

Un film en neuf chapitres présentés dans un ordre aléatoire, basés sur des fragments de La catacombe de Molussie, roman allemand écrit entre 1932 et 1936 par Günther « Autrement ». Des prisonniers d’une geôle d’un état fasciste imaginaire, la Molussie, se transmettent des histoires à propos du dehors, comme autant de fables à portée politique et philosophique. Etant donné qu’il y a 362 880 possibilités d’arranger les neuf bobines, on peut raisonnablement considérer que chaque projection sera une première mondiale.

La projection sera suivie d’une discussion avec le réalisateur Nicolas Rey, ainsi que Thomas Favel, directeur de la photographie et Jean-Marie Schaeffer, philosophe (EHESS).

Le film a reçu le Grand Prix de Cinéma du Réel 2012 et le 3ème prix du festival Media City.

Direction de l’image et de l’audiovisuel de l’EHESS
www.ehess.fr/audiovisuel/
twitter


samedi 1er avril au Ciné 104 à Pantin
104, avenue Jean Lolive à Pantin
M° Eglise de Pantin

« Du Larzac à Notre-Dame des Landes » Films – Rencontres – Débat – Concert

Pièce jointe

Les Scotcheuses sont invitées par le Ciné 104 dans le cadre d’un cycle de films et de rencontres intitulé « Révolution(s) ».

16h // Tous au Larzac de Christian Rouaud (2011, 1h58) + débat avec Jade Lindgaard de Médiapart

19h // No Ouestern des Scotcheuses (Super 8, 2014, 27′) + Sème Ton Western des Scotcheuses (Super 8 et ciné-concert, 2015, 24′)

Les deux films tournés par les Scotcheuses à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes avec ses habitant-e-s. Entre fiction et documentaire, western post-apolitique et chevauchée fantastique…

21h // Concert de La Suprême Boum Acoustique (reprises électriques)

Tarif séance de 16h : 6€/4€
Tarif séance de 19h + concert : 3,5€

 

« Des spectres hantent l’Europe »
et « Navigators »

Nous vous invitons à deux projections de films faits avec l’aide de L’Abominable qui auront lieu en ce début février à Paris.

Le mardi 7 février, à 21h au Forum des Images

Des spectres hantent l’Europe de Maria Kourkouta & Niki Giannari
16mm et vidéo sur vidéo, couleur et n&b, son, 99’, 2016

 La vie quotidienne des migrants (Syriens, Kurdes, Pakis­tanais, Afghans et autres) dans le camp de Idomeni. En attendant de traverser la frontière gréco-macédonienne : des queues pour manger, boire du thé, pour consulter un médecin. Un jour, l’Europe décide de fermer ses frontières une bonne fois pour toutes. Les « habitants » de Idomeni, décident, à leur tour, de bloquer les rails des trains qui traversent la frontière…

Projection organisée par l’association “Documentaire sur grand écran”, dans le cadre des soirées Doc & Doc.

Plus d’infos ici

Spectres

*

Et le jeudi 9 février, à 20h au Centre Pompidou (Petite salle, entrée libre)

Navigators de Noah Teichner
Performance cinématographique, 16mm multi-écrans, n&b, 45’, 2016

 En plein cœur de la première « Red Scare » aux États-Unis, 249 anarchistes d’origine russe, dont Emma Goldman et Alexander Berkman, sont déportés en URSS pour des activités « subversives ». Le 21 décembre 1919, ils embarquent d’Ellis Island sur le USAT Buford, baptisé « Soviet Ark » (l’Arche Soviétique) par une presse approbatrice. Cinq ans plus tard, une comédie maritime, La Croisière du “Navigator” (1924) de Buster Keaton, apparaît sur les écrans.

Une course poursuite sur un immense paquebot à la dérive : Buster et l’héroïne, chacun se croyant le seul passager à bord, soupçonnent une présence humaine. Ils finiront par se retrouver, mais d’innombrables figures resteront définitivement hors champ. Elles appartiennent à une autre histoire, qui paraît déjà loin derrière l’insouciance des « roaring twenties ». Ce terrain à gags flottant mis en scène par Keaton n’est autre que le Soviet Ark qui avait fait l’odyssée à travers l’Atlantique quelques années auparavant.

Étape d’un projet de long métrage, Navigators est une performance qui fouille ce témoignage paradoxal laissé par Buster Keaton, historiographe malgré lui d’une déportation oubliée mais forte de résonances contemporaines. Seront réunis des projections 16mm multi-écrans (des images de Keaton retravaillées en laboratoire), des documents d’archive et une nappe sonore réalisée en direct à l’aide de 78 tours édités pendant la Red Scare, de gramophones et diverses « machines parlantes ».

 Cette performance est présentée dans le cadre de “Hors Pistes”, dont la thématique cette année est « Traversées ».

Plus d’infos ici

NAVIGATORSweb

 

 

Films récents de L’Abominable
les 18 et 19 décembre

Programme de films récents, ou encore jamais montrés,
passés par L’Abominable, en présence des cinéastes…

Le dimanche 18 à partir de 15 heures
et le lundi 19 décembre à 20 heures
à la Parole Errante Demain

Entrée libre, 9 rue François Debergue à Montreuil ( M° Croix-de-Chavaux )

Dimanche 18 décembre

 à 15 heures

MHB/DK de David Kidman Portrait de Marie-Hélène Breuil, 2016
installation/affiche et ipad, 16mmm & vidéo, sur papier et vidéo n&b, durée variable,
L’affiche MHB DK est constituée de photogrammes 16mm, chacune est une image portrait de Marie-Hélène Breuil, ma femme et chaque bande est une séquence du film portrait. Ceux qui ont des téléphones ou tablettes avec une application de lecture de code QR peuvent y accéder par les images du film qui défilent dans un film monté avec des séquences de Marie-Hélène en couleurs, en train de me donner des explications de ce que je dois filmer, son visage six fois, ou le soleil huit fois, afin de fabriquer un code qui sera lisible une fois mis en affiche. Le film apparaît sur une page internet non répertoriée une fois que le code QR formé par les photogrammes a été lu.
Les deux films ont été tournés dans notre jardin et développés à l’abominable à la main.

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Portrait-Collage Jacques Ibert de Anaïs Ibert
16mm & vidéo sur vidéo, couleur et n&b, son, 3’, 2015
Portrait de l’artiste Jacques Ibert.
«Quand tout glisse entre les doigts, finissent par s’échap­per des oiseaux» J.I

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Cilaos de Camilo Restrepo
16mm sur vidéo, couleur, son, 12’48, 2016
Pour tenir la promesse faite à sa mère mourante, une jeune femme part à la recherche de son père, homme volage qu’elle n’a jamais connu. En chemin, elle apprend rapidement que l’homme est mort. Son plan ne change pas pour autant, elle doit retrouver son père.
Porté par le rythme envoutant du maloya, chant rituel réu­nionnais, Cilaos explore les liens profonds et troubles qui unissent morts et vivants.

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Musication de Mariette Michaud
16mm, couleur, son, 5’, 2016
Passage, rebond, renaissance. Entre les os, trouver un chemin.

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Blissful Minutes de Tatia Shaburashvili
16mm, couleur, son, 8’, 2015
Le film est fait avec mes grands-parents lors de l’un de mes séjours d’été avec eux. Ce fut une tentative pour capturer une sorte d’harmonie dans laquelle ils vivaient avec le temps et l’espace, mais encore plus pour montrer mon admiration pour eux.

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à 16 heures

Salaud d’argent (Que ma langue s’attache à mon palais) du Groupe Boris Barnet
16mm & Super 8 sur 16mm, n&b, son opt., 33’, 2016
Une fiction-essai en 16mm noir et blanc tournée entre 2008 et 2014 dans le bâtiment occupé par la coordination des Intermittents & précaires d’Île-de-France et ses entours. Ce film a été conçu et interprété par des protagonistes de cette coordination, qui fut expulsée. La fable de ce film-essai, extraite de la littérature américaine, se déroule en 1938, au café de la gare de Chicago. Il y est question du récit d’un départ soudain et définitif qui doit s’effectuer dans les 22 minutes, temps nécessaire à une explication. 

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à 17 heures

Fractions de Guillaume Mazloum
16mm & Super 8 sur 16mm, n&b, son opt., 45’, 2015
Fractions est un film en sept parties. Sept séquences avec pour chacune, un motif et une référence à un texte à caractère politique, afin de créer un espace de réflexion sur la portée et la responsabilité de ces images. A mi-chemin entre autoportrait et témoignage, chacune de ces fractions est une pensée autonome, restant néan­moins nécessaire à la restitution globale d’une recherche personnelle sur la pratique cinématographique, en corré­lation avec la pensée émancipatrice.

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à 19 heures

Des spectres hantent l’Europe
de Maria Kourkouta & Niki Giannari
16mm et vidéo sur vidéo, couleur et n&b, son, 99’, 2016
La vie quotidienne des migrants (Syriens, Kurdes, Pakis­tanais, Afghans et autres) dans le camp de Idomeni. En attendant de traverser la frontière gréco-macédonienne : des queues pour manger, boire du thé, pour consulter un médecin. Un jour, l’Europe décide de fermer ses frontiè­res une bonne fois pour toutes. Les «habitants» de Ido­meni, décident, à leur tour, de bloquer les rails des trains qui traversent la frontière…

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 Lundi 19 décembre

 à 20 heures

Des provinces lointaines de Catherine Libert & Stefano Canapa
16mm sur vidéo, couleur et n&b, son, 84’, 2015
Des cimes enneigées du Mont-Cenis aux collines qui s’étendent après la ville de Turin, en passant par le site occupé par le mouvement No TAV et les rives du fleuve Dora, le film se construit autour de la rencontre avec le faire et la vie cinéma de deux cinéastes piémontais, To­nino De Bernardi et Alberto Momo.
Des provinces lointaines a été pensé – et vécu – comme l’étape introductive de Chemins de traverse, un road mo­vie cinématographique qui parcours l’Italie du nord au sud à la recherche d’un cinéma indépendant et résistant, avec Enrico Ghezzi – célèbre initiateur de la transmission culte Fuori Orario – en guise de passeur.
Les Champs Brûlants, tourné entre Rome et Pozzuoli, présenté à Lussas en 2011 en était le premier volet réa­lisé.

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Le navire Argo – présentation

A l’occasion de ses vingt années d’existence, dont cinq passées à La Courneuve, L’Abominable vous invite à une série de projections exceptionnelles dans la salle de projection tout récemment installée dans le labo. Une programmation libre, à plusieurs mains, qui tente de dessiner en reliant des points singuliers d’une constellation improbable, la pertinence qu’il peut y avoir à continuer à travailler la matière film.

Une semaine bien remplie pour voir ou revoir, projetés en pellicule, une série de films bien trempés. Et comme il n’est pas d’invention au présent sans mémoire, ni de modernité sans la profondeur du temps, nous avons choisi d’ouvrir nos yeux et nos oreilles à un ensemble de films produits entre 1925 et aujourd’hui. Certains ont été fabriqués a la mano dans des laboratoires semblables au nôtre, et d’autres dans des contextes de production tout différents, mais tous explorent une potentialité sensible du travail en pellicule.

Naviguant d’un astre à l’autre, faire un film, ce sera avoir la force de porter à bout de bras une lourde caméra 35 mm emmenée par un peuple en transhumance à travers les montagnes d’Iran ; ou bien avoir la patience extrême de déclencher des jours durant une image par une image pour faire des films magnifiques et inédits ; ou encore bricoler avec peu d’argent et beaucoup de poésie un cinéma africain qui tire son irrévérence au colon de là-bas ou d’ici. Ou, dans une autre perspective, creuser jusqu’au vertige ce que le cinéma peut avoir de force d’apparition, et le désir qui va avec. Cela pourra aussi signifier entrer en résonance, avec l’outil-cinéma pourtant si contraignant — son séparé et bobines de dix minutes — avec un enfant aveugle ou des musiciens improvisant ; tisser avec un texte splendide, lu, simplement lu pour être entendu, des images qui semblent sorties d’un temps immémorial, ou bien arriver, par une plastique très particulière, à produire une telle inquiétante étrangeté qu’on en sort tout chose. Ou l’occasion de déjouer les codes du cinéma dominant pour évoquer en finesse comment il peuple nos imaginaires, ou bien encore, réussir par des moyens minimes mais puissants à transformer la vie d’un village du nord du Portugal récemment libéré du joug de Salazar, en un extraordinaire hors-sol où l’imaginaire enceint en permanence la réalité sociale.

Bienvenue à bord du navire Argo.
Bienvenue au cinéma, tout simplement.

Télécharger le programme en pdf (dépliant)
Plan d’accès à L’Abominable

Entrée libre pour les projections à L’Abominable.
Tarif découverte (3 euros) pour la séance de Touki-Bouki à l’Etoile le jeudi 8 à 21h.

Portes ouvertes du laboratoire tous les jours une heure avant le début des séances.
Restauration sur place à prix libre.


MERCREDI 7 DÉCEMBRE

18h – – – – – – – – – – – – – – – 
Grass : A Nation’s Battle for Life
de Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack et Marguerite Harrison
Iran, 16mm, n&b, silencieux, 65’, 1925


21h – – – – – – – – – – – – – – –

L’ Angle du monde de Philippe Cote
France, Super 8mm, n&b et couleur, silencieux , 32’, 2006

Images inédites de David Dudouit
France, 16mm, n&b, silencieux, 2016


JEUDI 8 DÉCEMBRE

18h – – – – – – – – – – – –
Séance de films du Collectif Mohamed
Le garage
France, super 8, couleur, son, 30’, 1979
Zone immigrée
France, super 8, couleur, son, 40’, 1980
Ils ont tué Kader
France, super 8, couleur, son, 20’, 1980

21h – – – – – – – – – – – –
Cette séance aura lieu au Cinéma l’Etoile de La Courneuve
Touki Bouki de Djibril Diop Mambéty
Sénégal, 35mm (vostf), couleur, son, 85’, 1973


VENDREDI 9 DÉCEMBRE

18h – – – – – – – – – – – – – —
Gradual Speed de Els van Riel
Belgique, 16mm, n&b, son, 52′, 2013

21h – – – – – – – – – – – – – –
Herman Slobbe, l’enfant aveugle n°2 de Johan van der Keuken
Pays-Bas, 16 mm, n&b, son, 29’, 1966
Step across the border de Nicolas Humbert et Werner Penzel
Allemagne/Suisse, 35mm, n&b, son, 90’,1990


SAMEDI 10 DÉCEMBRE

15h – – – – – – – – – – – – – – –
Chemins de Martine Rousset
France, 16mm, n&b et couleur, son, 60’, 2016

18h – – – – – – – – – – – – – –
Ah, Liberty! de Ben Rivers
UK, 16mm anamorphique, n&b, son, 20’, 2008

Wolkenschatten de Anja Dornieden et Juan Gonzalez Monroy
Allemagne, 16 mm, couleur, son, 17′, 2014 

21h – – – – – – – – – – – – – –
Quixote de Bruce Baillie
USA, 16mm, N&B, Coul., son, 44’,1965

M…H de Gaëlle Rouard
France, performance 16mm, n&b et couleur, son, 36’, 2016


DIMANCHE 11 DÉCEMBRE

16h – – – – – – – – – – – – – – – – –
Trás-os-Montes de António Reis et Margarida Cordeiro
Portugal, 35mm, n&b et couleur, son, 111’, 1976

 

argobleu


Remerciements
à la Cinemateca Portuguesa, à la Cineteca di Bologna, à Documentaire sur Grand Écran, au Collectif Jeune Cinéma, à Lux, au cinéma l’Étoile, à la SFAV, à Joe Bender et à tous les cinéastes !

Le navire Argo – mercredi 7 décembre

MERCREDI 7 DÉCEMBRE à 18 et 21 heures

à 18 heures

 Grass : A Nation’s Battle for Life

de Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack et Marguerite Harrison
Iran, 16mm, n&b, silencieux, 65’, 1925

photo_grassAu début des années 1920, les trois réalisateurs suivent la transhumance mouvementée et spectaculaire des bergers nomades bakhtyâri à travers les monts Zagros. Tiré de ce périple, le film Grass met en scène le peuple bakhtyâri et sa lutte contre un environnement hostile. Entre film d’aventures et documentaire anthropologique, Grass témoigne aussi de la réflexion qui anima le cinéma hollywoodien des années 1920, une recherche cinématographique perceptible que l’on retrouve notamment dans la réalisation de King Kong par Cooper et Schoedsack quelques années plus tard.

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à 21 heures

Une séance consacrée aux films jamais montrés du cinéaste David Dudouit. David était un ami et camarade de beaucoup d’entre nous au l’abo. Il a passé de longs temps de sa vie à voyager, à retourner dans les lieux qu’il aimait et filmer faisait partie intégrante de ses voyages. David est décédé en avril 2015 en nous laissant, entre tous les souvenirs, ses images.
À l’occasion de ce programme, nous avions souhaité accompagner le travail de David avec un film du cinéaste Philippe Cote, avec qui David entretenait un dialogue sur le cinéma et partageait l’attachement à un endroit du monde, les îles du Finistère. À notre immense tristesse, Philippe s’est éteint à son tour, ce jeudi 24 novembre, alors que certain(e)s d’entre nous étaient de ses ami(e)s les plus proches. Cette séance tissée d’échos sera l’occasion de se rassembler autour de leurs précieuses images, à leur mémoire.

L’Angle du monde

de Philippe Cote
France, Super 8mm, n&b et couleur, silencieux , 32’, 2006

2_angle« Ensemble d’impressions ressenties lors de différents séjours sur les îles d’Ouessant, de Sein et de Molène. L’angle du monde participe de mon désir de diriger la caméra vers des paysages, des espaces, des gens, de se laisser surprendre et étonner par ce qui se présente… Ici les métamorphoses de la lumière, de l’eau, de la terre, du ciel et de l’humain. Le film s’inscrit aussi dans un hommage à ce courant poétique du cinéma des îles et à leurs auteurs, Powell, Flaherty, Epstein.» (Philippe Cote)

Images inédites

de David Dudouit
France, 16mm, n&b, silencieux, 2016

 Avant de nous quitter, David avait commencé un travail d’assemblage et de tirage de certains plans, en vue de les partager avec un public. En son absence, nous nous sommes mis à regarder ensemble ces images et avons découvert l’ampleur exceptionnelle de son travail.
Nous avons alors essayé de l’articuler, afin de pouvoir le montrer. C’est une tentative qui commence, entre rushes et films aboutis, un voyage sensible dans le monde de David. Cela ne peut s’apparenter à un montage, plutôt à un choix de séquences existantes, mises bout-à-bout, et la poursuite de ce qu’il avait commencé.
De cette pratique singulière s’exprime un rapport sensible presque magique à l’acte cinématographique : des dizaines de mètres de pellicule exposée image par image à la main, une recomposition patiente de l’espace et du temps de ses voyages.

 

Le navire Argo – jeudi 8 décembre

JEUDI 8 DÉCEMBRE à 18 heures à L’Abominable et à 21 heures au cinéma L’Etoile

à 18 heures (au L’Abo)

Collectif Mohamed

Le garage France, super 8, couleur, son, 30’, 1979

Zone immigrée – France, super 8, couleur, son, 40’, 1980

Ils ont tué Kader – France, super 8, couleur, son, 20’, 1980

Cette séance est consacrée aux films du Collectif Mohamed. Entre 1977 et 1981, des jeunes adolescents, habitant des cités d’Alfortville et de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, se réunissent et forment le Collectif Mohamed. Ensemble ils tournent trois films de court-métrage. Ce projet naît de leur volonté de filmer leurs propres images, de raconter par eux-mêmes leurs histoires, d’enquêter au sein des cités où ils vivent, de s’amuser, mais aussi de produire un discours politique et donner forme à leur révolte. Ils se sont cotisés et ont acheté quelques bobines Super-8, le support amateur de l’époque, ils ont emprunté du matériel dans leur lycée, et monté leurs images avec l’aide d’un enseignant. Ces films ont été distribués par AUDIOPRADIF, un collectif qui « aidait tous ceux qui ont quelque chose a dire et des luttes à porter, à mettre en forme ces projets et à les diffuser partout où c’est possible, pour changer la vie, car c’est l’affaire de tous ».

4_mohamed2 Le Garage
Un court documentaire-fiction, où les jeunes filment leur quotidien et leurs amis. Le film se tourne autour du « Garage », un lieu que les jeunes ont obtenu dans la cité, afin de pouvoir se rassembler autre part que dans la rue, avoir un espace à eux, un lieu où organiser des réunions, des activités d’éducation diverses, des rencontres, des fêtes.

 Zone Immigrée
Une enquête dans la ville pour interroger l’agression d’un jeune par un chauffeur de bus. Un peu partout dans la rue, le collectif va à la rencontre des gens pour se demander quelles sont les causes et les effets de certaines formes de violence.

 Ils ont tué Kader 
Un film qui prend le chemin du combat politique. Suite à la fermeture du garage, les jeunes sont obligés de se rassembler dans la rue. Un soir un gardien tire sur l’un d’eux, Kader, et le tue. Suite à cet événement, les médias viennent dans la cité, pour faire un reportage et pour récupérer des images de leurs films. Un film qui pose de nombreuses questions sur le rôle des médias en banlieue, et sur la nécessité de produire soi-même des images.

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à 21 heures (à l’Etoile)

Touki Bouki

de Djibril Diop Mambéty
Sénégal, 35mm (vostf), couleur, son, 85’, 1973

5_toukiA Dakar, où il est venu vendre son troupeau, Mory, un jeune berger, rencontre Anka, étudiante. Au sein d’une société cruelle, coincée entre tradition et modernité, ils forment un couple de marginaux. Ils s’inventent des histoires pour s’évader et, face à la mer, rêvent de prendre un bateau qui les mènera en France. Tous les moyens leur sont alors bons pour se procurer l’argent du voyage… Un film mythique du cinéma africain.
« C’est une bonne chose pour le futur du cinéma que l’Afrique existe. Le cinéma est né en Afrique, parce que l’image elle-même est née en Afrique. Les outils, oui, sont européens, mais la nécéssité et la motivation créative existe dans notre tradition orale… L’Afrique est une terre d’images, non seulement parce que les masques africains ont révolutionné l’art à travers le monde, mais aussi simplement que paradoxalement comme conséquence de la tradition orale. La tradition orale est une tradition d’image… L’imagination crée les images et les images créent le cinéma, donc nous nous inscrivons dans cette lignée en tant que parents du cinéma. » (Djibril Diop Mambéty, 1998)

Le navire Argo – vendredi 9 décembre

VENDREDI 9 DÉCEMBRE à 18 heures et à 21 heures

à 18 heures

Gradual Speed

de Els van Riel
Belgique, 16mm, n&b, son, 52′, 2013

gradual_speed_still_for_website« Depuis quelques années, je fais des images qui tentent de rendre hommage au support analogique de la pellicule dont la technique semble actuellement en train de disparaître. Une sélection de ces images est devenue Gradual Speed, un film sur pellicule 16mm noir et blanc et en son honneur. Celle-ci a été utilisée à la fois comme matière et comme métaphore de toute matière qui est insaisissable. » (Els Van Riel)

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à 21 heures

Herman Slobbe, l’enfant aveugle n°2

de Johan van der Keuken
Pays-Bas, 16 mm, n&b, son, 29’, 1966

7_slobbe2_2Herman Slobbe est un jeune garçon aveugle que Johan van der Keuken avait rencontré deux ans plus tôt au cours du tournage de son précédent film sur la cécité L’enfant aveugle (1964). Le réalisateur filme ses déambulations et la confrontation de l’adolescent avec le monde extérieur ; il l’implique directement dans la fabrication du film en lui laissant à charge, un micro à la main, la partition sonore.

« L’enfant aveugle n°2 renvoie au néant tout ce qu’il aurait pu être (du docu humanitaire au voyeurisme honteux) et finit par nous donner accès au personnage d’Hermann Slobbe, en tant qu’il existe aussi en dehors du film, avec ses projets, sa dureté, et surtout — c’est là le plus grand scandale — son rapport à la jouissance. Le film finit sur un étrange “chacun pour soi” qui n’a de sens que parce que, pendant vingt minutes de film, chacun a été (tout pour) l’autre au regard du spectateur. » (Serge Daney, Cahiers du Cinéma, juillet 1978)

Step across the border

de Nicolas Humbert et Werner Penzel
Allemagne/Suisse, 35mm, n&b, son, 90’, 1990

8_stepDe 1988 à 1990, les réalisateurs ont suivi Fred Frith de répétitions en concerts, d’interviews en moments de solitude, des États-Unis en Europe, en passant par le Japon. Au gré de ces voyages et de ces concerts, Fred Frith rencontre d’autres musiciens, parmi lesquels : René Lussier, Iva Bittová, Tom Cora, Tim Hodgkinson, Bob Ostertag et John Zorn. Tourné en noir et blanc sur pellicule 35 mm, le film cherche à épouser la forme improvisée de la musique de Fred Frith. Le film est décrit par ses réalisateurs comme quatre-vingt-dix minutes d’improvisation sur celluloïd.
« Dans Step Across the Border il y a deux formes semblables d’expression artistique qui se rencontrent, la musique improvisée et le cinéma direct. (…) Tout est parti d’un concept : échange et mouvement. Notre souci a été de nous y tenir jusqu’au bout. Parfois nous commencions à tourner en pleine nuit après avoir eu une idée dans les minutes précédentes. Tout se passait très instinctivement comme par exemple la décision de tourner le film en noir et blanc. » (Nicolas Humbert et Werner Penzel)

 

Le navire Argo – samedi 10 décembre

SAMEDI 10 DÉCEMBRE à 15h, 18h et 21 heures

à 15 heures

Chemins

de Martine Rousset
France, 16mm, n&b et couleur, son, 60’, 2016chemins2

« Chemins est le document cinématographique d’une rencontre, celle d’un texte, d’un paysage et d’un son. Je dis document et non documentaire, à savoir ce que l’image-empreinte du cinématographe peut se constituer de mémoire et non pas de commentaire. Arpenter lieux et texte, arpenter aussi une première génération d’images, expérimenter la visibilité de la trace. Le texte est un texte de Julien Gracq : La Route (1970). Le récit d’un chemin de guerre, une guerre obscure opaque, archaïque, qui n’est pas nommée. Le paysage est un chemin d’enfance : « aux Aresquiers » aux alentours de la ville de Sète, un chemin, mille fois parcouru, un chemin passé, présent, futur, le chemin de la plage, à travers vignes et bois de pins, modeste et prosaïque. » (Martine Rousset)

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à 18 heures

Ah, Liberty !

de Ben Rivers
UK, 16mm anamorphique, n&b, son, 20’, 2008

10_libertyBen Rivers filme la vie marginale de ce que l’on devine être une famille — vivant, travaillant, jouant — dans une ferme où passent les saisons. Le film aspire à rendre une sensation de liberté, reflétée dans l’utilisation du format scope, développé à la main. La narration hésite entre documentaire et fiction post-apocalyptique.
Il n’y a pas d’histoire précise ; ni début, ni milieu, ni fin, juste des fragments de vies vécues.

Wolkenschatten

de Anja Dornieden et Juan Gonzalez Monroy
Allemagne, 16 mm, couleur, son, 17′, 2014

11_wolkenschattenEn mai 1984, pendant trois semaines, ce qui ressemble à un nuage géant plonge la petite ville de Hüllen-Hüllen dans les ténèbres. Avant la fin du mois, le nuage se disperse et la vie semble reprendre normalement. Un mois plus tard cependant, la ville est abandonnée à la hâte et ses habitants sont introuvables. Ils laissent la plupart de leurs biens derrière eux, comme pour laisser croire qu’ils pourraient revenir à tout moment.
Les recherches qui suivent conduisent les enquêteurs à une grotte dans les environs de la ville. Dans la grotte, on découvre de nombreux engins bricolés. Connectés par plusieurs miroirs et ajustés à une large série de lentilles, ils semblent devoir former un grand appareil de projection. Bien qu’à première vue il paraisse inachevé ou cassé, il se révèle finalement en état de marche. La source des images est d’abord difficile à établir, mais après plus ample observation, on découvre qu’elles sont gravées directement sur les lentilles de la machine.
À côté de la machine, on trouve également une feuille de papier recouverte d’une écriture manuscrite. Le texte est titré Wolkenschatten, « l’ombre des nuages ». En-dehors des maigres indices donnés par les images et le texte, aucune explication vérifiable de la disparition des habitants de la ville n’a jamais pu être donnée. Par souci de conservation, les images gravées ont été transférées sur du film 35 mm. Des copies du texte et des images ont été faites et archivées

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 à 21 heures

Quixote

de Bruce Baillie
USA, 16mm, N&B, Coul., son, 44’,1965

« Une vue de l’Amérique et des américains, parfois flatteuse, souvent embarrassante, toujours fascinante. Une nation et son peuple à travers les yeux d’un cinéaste contemporain : des adolescents jouant au handball à Choteau dans le Montana aux pauvres indiens de la réserve ; de la beauté des déserts du sud-ouest à l’hiver terne du nord et aux ravins de bétons des grandes villes. La trame sonore est un montage des bruits qui nous entourent. »
(Gregg Barrios)

M…H

de Gaëlle Rouard
France, performance 16mm, n&b et couleur, son, 36’, 201612_gaelleInspiré par O.W., lui-même étant inspiré par W.S.
Plutôt qu’une performance, il s’agit d’un film interprété en direct.

Toc Toc
Qui est là au nom de Belzébuth ?
Sonnez la cloche
Secouez ce sommeil épais,
la confusion a joué sa pièce maîtresse ;
et damné celui qui le premier crie : ça suffit, assez !

Toc Toc Toc
Debout ! Debout !
Sonnez la cloche de l’alarme
— cette hideuse trompette —
Réveillez-vous !
Réveillez-vous et voyez !

Toc Toc
— jamais tranquille —
Qui êtes vous ?
Qui est là au nom de l’autre diable ?
Quel est ce bruit ?
Pourquoi a-t-on crié ?
Aux armes ! Aux armes !
Levez-vous comme de la tombe,
venez voir du grand Jugement l’image même.