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Dos sueños después

Pilar Monsell

16mm, couleur et n&b, son opt., 18’, 2017

Quelques rêves, une douzaine de chambres d’hôtel, s’évader. Une forêt de pins. Les dos de plusieurs femmes qui regardent la mer. Le contre-champ du bonheur. Le vide qui reste après un double mouvement complexe : le désir de s’échapper et l’impossibilité de laisser derrière soit ce qui nous empêche de partir.

Un grand bruit

Guillaume Mazloum

16mm, couleur, son opt., 40′, 2017

Pensées anarchistes, utopiques, situationnistes, surréalistes,
mystiques… Poètes du XXème siècle, pour qui les mots sont autant souffle que signification. Son et haleine, texte et texture, page et image.
Traversée d’un siècle d’horreurs et de promesses, de barbaries et de technologies, dont la charge se déverse lourdement sur tout avenir.
Et très bas, dans le fracas du temps, le poète assène des mots qu’on s’obstine à ne pas entendre : Il faudra travailler jusqu’à la fin des temps, il faudra retrouver le geste et la parole.

Éléments 1, 2, 3

Tomaž Burlin

8mm, Super 8, 16mm sur 16mm, couleur et n&b, son opt, 7’30

Trois pièces imagées en élément/périphrase autour de la forêt, de la mer et d’un édifice.

1
Balade en stop-motion à travers la forêt tropicale, sur les chemins balisés, en recherche illusoire de communion avec une nature maitrisée.
Au pied du volcan Arenal, dans une vaste réserve costaricienne,
le tourisme “écologique” de masse est au rendez-
vous. Le regard de la caméra essaye de s’en échapper,
mais pour autant le sentiment de simulacre persiste.

2
Immersion dans la mer Méditerranée, élément qui nous rapproche et qui nous divise, élément créateur et élément de mort.
Au moment de l’insouciance estivale sur les rivages, dans la même eau, juste un peu plus loin, des drames se reproduisaient,
comme ils se produisent encore et encore depuis des décennies. Entre l’empathie, l’indifférence et l’impuissance, est survenu le désir d’un geste expiatoire, qui peut avoir des apparences égotiques face à l’énormité
des souffrances.
Un assemblage d’images positives et négatives qui ne visent
pas la création d’une dialectique, d’un discours figé, ni d’une dichotomie, d’une séparation, mais des connections,
des liens, des possibilités.

3
Déconstruction d’une architecture-symbole imprégnée d’idéologie fasciste, dans un regard entre fascination et répulsion.

*
Compositeur : Vinko Globokar

Printed Sunset

Andrès Baron

16mm, couleur, son num., 6’40’’, 2017

Il semble que la représentation d’un coucher de soleil est plus présente dans notre système perceptif que l’actuelle expérience d’un coucher de soleil réel. Cette image est similaire à un code, un signe qui réduit un phénomène naturel complexe, qui ne se reproduit jamais de la même manière, à un spectacle familier et répétitif : la transition du jour à la nuit. C’est une abstraction, un langage.

Intitulée de façon littérale, Printed Sunset est une installation composée d’un film photochimique diffusé en boucle en 16mm de six minutes et de trois plaques métalliques imprimées. Le film montre deux femmes assises contemplant un coucher de soleil imprimé. Vectorielle et artificielle, élaborée grâce à la manipulation d’options pré-programmées du logiciel Illustrator, cette image a été imprimée sur papier photographique et montre trois phases de coucher de soleil : la première avec la forme circulaire complète du soleil, la seconde montrant la moitié du soleil divisé par la ligne d’horizon et la dernière avec sa ligne nue, révélant seulement les restes de lumière qui succèdent au soleil une fois couché. Ces trois images suivent et sont intercalées avec celles des corps et des visages des deux femmes qui regardent le spectacle, et elles sont accompagnées d’une bande son diffusée en boucle.

Sur les trois plaques métalliques, le coucher du soleil est gravé en sérigraphie (quadrichromie), montrant ses trois phases correspondant à celles du film. L’idée est de faire ressortir une image créée dans un environnement entièrement numérique pour la rendre lapidaire dans un milieu mécanique et physique (la sérigraphie sur métal). C’est une sorte de traduction d’un medium à un autre : passage d’un premier, lisse et latent, à un deuxième complètement tactile et solide.

Je voulais simuler ce phénomène à travers une image imprimée fixe, tout en imitant l’expérience de sa contemplation. Le film essaie de recréer artificiellement une émotion avec des moyens factices. La pose des modèles, stéréotypée, inexpressive et presque immobile les érige en symboles vivants. Ce qui m’intéresse est le basculement du contenu d’un lieu à un autre, et de parvenir à la construction du sens avec la participation de l’observateur.

Jérôme Noetinger

Stefano Canapa

Super 16 sur 35mm, n&b, dolby SR, 11’50’’, 2017

Une performance du musicien français Jérôme Noetinger.
Une sorte de portrait de l’une des figures les plus marquantes de la musique expérimentale et électroacoustique contemporaine, qui joue ici avec un lecteur à bandes Revox et divers objets électroniques détournés.

“Mon Oncle” en plein air

Le 29 septembre à 20h L’Abominable projettera Mon Oncle de Jacques Tati, en 35mm et en plein air, sur la place de la Fraternité à La Courneuve.

Projection gratuite, rendez-vous à partir de 19h
il y aura des tables et du thé… chacun amène son pique-nique !

En cas d’intempéries la projection aura lieu dans le Centre Culturel Houdremont


Mon Oncle
un film de Jacques Tati, 110 min, 35mm, 1958 

Monsieur Hulot habite un modeste deux pièces dans un quartier populaire de la banlieue parisienne. Sa sœur a épousé un directeur d’usine, M. Arpel, qui vit dans une villa ultra-moderne équipée de tous les perfectionnements techniques…

Leur fils Gérard, 10 ans, dressé à l’ordre rigoureux qui règne chez lui, aime passer du temps avec son oncle qui lui fait découvrir son domaine de fantaisie. Les Arpel essaient d’éloigner Gérard de leur oncle : ils proposent à Hulot un travail à l’usine et sa sœur espère secrètement qu’il épousera la voisine.
Mais c’est compter sans l’esprit récalcitrant et frondeur de monsieur Hulot, résolument épris de liberté…


Projection proposée par l’association L’Abominable
dans le cadre de l’ouverture de la Saison culturelle de la ville de la Courneuve.

Infos pratiques
La projection aura lieu sur la Place de la fraternité, devant le Centre culturel Jean-Houdremont à La Courneuve.
RER B – La Courneuve-Aubervilliers
Projection gratuite en accès libre.

Remerciements
Les Films de mon Oncle – pour la mise à disposition de la copie 35mm restaurée
Tativille
Carlotta films

La Machine cinéma

Une projection organisée par l’association L’Abominable pour l’édition 2017 du Festival des cinéma différents et expérimentaux de Paris.

Projections 16mm, 35mm et performances en présence des réalisateurs membres des laboratoires cinématographiques L’Abominable et MTK.


Jeudi 5 octobre à 20h
Cinéma l’Etoile
1 allée du progrès, 75020 La Courneuve

à 5 min du RER B Aubervilliers – La Courneuve
Séance gratuite


Dans un souci didactique, nous avons conçu cette séance comme si l’on avait à «déplier» la machine cinéma sous les yeux du spectateur.
De la prise de vue au développement, en passant par les différentes techniques de tirage et jusqu’à la fabrication artisanale du support, les œuvres présentés dans ce programme nous permettront de retracer peu ou prou la chaine classique de fabrication d’un film tout en mettant en exergue ses détournements possibles.

PROJECTOR OBSCURA
de Peter Miller
2005 / 35mm anamorphic / silencieux / 10’
Projector obscura, de Peter Miller prend comme point de départ l’extrême similitude entre le mécanisme d’une caméra et celui d’un projecteur. En effet, si la cabine de projection est correctement obscurcie et la salle ou l’écran sont suffisamment éclairés, la pellicule vierge installée à la place du film à projeter sera alors impressionnée par la lumière passant par l’objectif dans le sens inverse à son utilisation orthodoxe. Projector obscura est le portrait de sept écrans dressé par leurs projecteurs.

IMAGES INÉDITES
de David Dudouit
2015 / 16mm / silencieux / 11’
David Dudouit, dont nous montrons des images inédites, a filmé des années durant en utilisant exclusivement la technique de l’image par image. Les 24 images par secondes que nous voyons projetées correspondent souvent à plusieurs heures voire des jours entiers de réalité. La perception du temps et de l’espace s’en trouve profondément modifiée. De cette pratique singulière s’exprime un rapport sensible, presque magique, à l’acte cinématographique. Un regard unique sur les lieux que le cinéaste a parcouru durant ses nombreux voyages.

QUATRIÈME FRACTION
de Guillaume Mazloum
2015 / 16mm / sonore / 5′ 30
La Quatrième Fraction, de Guillaume Mazloum a été réalisée en utilisant une tireuse optique (truca) – une machine qui permet de dupliquer un film en le re-filmant photogramme par photogramme. Ici au-delà d’un travail sur la cadence des images, il a fallu deux générations de copies pour aller chercher et ramener au premier plan des détails présents dans la séquence enregistrée à la prise de vue. A chaque nouvelle génération, l’image a révélé d’autres textures et les aléas de l’utilisation de la machine ont apporté de nouvelles imperfections.

SEPTIÈME FRACTION
de Guillaume Mazloum
2015 / 16mm / sonore / 7’00
Contrairement à la Quatrième fraction, la Septième Fraction est la retranscription fidèle de ce qui a été impressionné sur le négatif lors de la prise de vue. Il s’agit ici d’un tirage par contact classique, tous les effets ayant été réalisés lors du tournage. A l’aide d’une camera Bolex, chaque photogramme a été exposé pendant un intervalle assez long. Une fois le film terminé, il a été rembobiné et exposé une deuxième puis une troisième fois.

A RADICAL FILM
de Stefano Canapa
2017 / 35mm / sonore / 2’40’’
Pour réaliser A Radical Film, Stefano Canapa a utilisé une technique de tirage particulière, le tirage à plat. Comme pour les rayogrammes réalisés par Man Ray, cette technique consiste à placer un objet directement sur la pellicule et à l’éclairer. Une fois le film développé on obtient ainsi l’image négative (ou l’envers de l’image – pourrait-on dire) de cet objet. En l’occurrence ce film a été fabriqué avec des radis noirs : hachés et découpés en lamelles puis patiemment déposés à même le film et insolés. A l’ère du tout numérique, c’est un retour aux racines du cinéma ! Radical, c’est à dire qui concerne la racine !

PRONOSTIC VITAL ENGAGÉ
Performance pour 4 projecteurs 16mm
de Clovis Lemaire Cardoen, Joyce lainé, Loïc Verdillon et Etienne Caire.
2017 / 16mm / sonore / 30’
Pronostic Vital Engagé, performance pour 4 projecteurs 16mm manipulés en direct, est inspiré par l’école « émulsion non-sensible » du professeur Guillaume Ferry. Pour fabriquer leurs images, les quatre cinéastes ont joué des contraintes du procédé Autochrome des frères Lumière : une image unique, fragile et difficile à reproduire, presque anti-cinématographique. La recherche technique porte ici sur la fabrication d’un nuage de grains colorés ultra fins et du vernis de fixation de la matière sur la pellicule transparente. Les projecteurs et les projectionnistes étant installés dans la salle, ils deviennent partie intégrante du film : on peut tout aussi bien regarder l’écran que détourner le regard vers la source de lumière … Vous voulez parler du cinéma ?

PROJECTOR OBSCURA AU CINÉMA L’ETOILE
2017 / 35mm / silencieux / en boucle
Réalisation collective d’après une idée de Peter Miller.

 


Événement Facebook

 

Douarnenez – août

Vous êtes de passage en Bretagne entre deux brises marines, c’est l’occasion de faire un tour à Douarnenez pour voir ou revoir des films passés par le labo et aussi… plein d’autres !

40e ÉDITION DU FESTIVAL DE CINÉMA DE DOUARNENEZ – CULTURES D’ICI ET D’AILLEURS, EN PARTAGE
Du 18 au 26 août 2017


Lundi 21 août à 14h15
DES SPECTRES HANTENT L’EUROPE | Maria Kourkouta & Niki Giannari | 2016 | 99′ | vidéo et 16mm sur vidéo
La vie quotidienne des migrants (Syriens, Kurdes, Pakis­tanais, Afghans et autres) dans le camp de Idomeni. En attendant de traverser la frontière gréco-macédonienne : des queues pour manger, boire du thé, pour consulter un médecin. Un jour, l’Europe décide de fermer ses frontières une bonne fois pour toutes. Les « habitants » de Idomeni, décident, à leur tour, de bloquer les rails des trains qui traversent la frontière…


Mardi 22 août à 14h30
PROJECTION ET RENCONTRE AVEC LES SCOTCHEUSES
Projection de No Ouestern en Super 8, de certains inédits du dvd, d’un avant goût (Absences) de leur prochain film post-apocalyptique en cours de réalisation à Bure avec ceux qui luttent contre le méga projet de poubelle nucléaire, et une discussion autour de faire des films en collectif…


Jeudi 24 août à 14h30
AUTREMENT, LA MOLUSSIE | Nicolas Rey | 2012 | 81′ | 16mm
Un film en neuf chapitres présentés dans un ordre aléatoire, basés sur des fragments de La catacombe de Molussie, roman allemand écrit entre 1932 et 1936 par Günther « Autrement ». Des prisonniers d’une geôle d’un état fasciste imaginaire, la Molussie, se transmettent des histoires à propos du dehors, comme autant de fables à portée politique et philosophique.


Jeudi 24 août à 16h30
CILAOS
| Camilo Restrepo | 2016 | 16′ | 16mm sur vidéo
Pour tenir la promesse faite à sa mère mourante, une jeune femme part à la recherche de son père, homme volage qu’elle n’a jamais connu. En chemin, elle apprend rapidement que l’homme est mort. Son plan ne change pas pour autant, elle doit retrouver son père.


Jeudi 24 août à 19h
LA BOUCHE | Camilo Restrepo | 2017 | 19′ | 16mm sur vidéo
Un homme apprend la mort brutale de sa fille, assassinée par son mari. Temps suspendu pendant lequel oscillent besoin d’apaisement et désir de vengeance. Un film musical interprété par le maître percussionniste guinéen Mohamed Bangoura, « Diable Rouge », librement inspiré de sa propre histoire.


Vendredi 25 août à 13h45
BRÛLE LA MER | Nathalie Nambot & Maki Berchache | 2016 | 75′ | 35mm
Dans l’élan de la révolution tunisienne, après la chute de Ben Ali, 25 000 jeunes tunisiens ont pris la mer vers l’Europe, via Lampedusa. Maki Berchache est l’un d’eux. A partir de son histoire, de fragments d’images, de récits, avec ses amis de voyage ou rencontrés à Paris, Brûle la mer revient sur cette tentative de liberté et la violence d’une hospitalité refusée. Comment le pays quitté devient le pays rêvé.

Projections en juin

Ce mois de juin, le festival Côté Court présente la première projection publique de WHAT TIME IS MADE OF de Diana Vidrascu et de MUES de Daniel Nehm et le BAL montre  MUE(S)  de Frédérique Menant.

Plus loin de Paris, David Kidman montre le portrait de Marie-Hélène Breuil MHB DK au Centre d’art contemporain La Cuisine, à Nègrepelisse dans le Tarn-et-Garonne jusqu’au 24 septembre.

A noter également : le 1er juillet à la tombée de la nuit, L’Abominable projettera Mon Oncle de Jacques Tati, en 35mm et en plein air, sur la place de la Fraternité à La Courneuve. Plus d’info là-dessus prochainement.


LUNDI 12 juin à 22h00
JEUDI 15 juin à 20h00
Ciné 104, 104 avenue Jean Lolive, 93500, Pantin

WHAT TIME IS MADE OF | Diana Vidrascu | 2016 | Couleur | 10′ |  16mm sur vidéo

Court-métrage développé a la main à L’Abominable, projeté au Festival Côté Court, dans la compétition expérimentale “Art-Vidéo”.

Et si on retrouvait une bouteille jetée à la mer avec une bobine anonyme de 16mm ? Après avoir fait cette découverte sur une plage en Bretagne, j’ai développé la pellicule pour y trouver que la mer avait laissé ses traces implacables sur les images, comme un souvenir de son voyage à travers les décennies. Pourtant, c’était des souvenirs de mon enfance.
Côté Court


MARDI 13 juin à 18h00 | Ciné 104 à Pantin
VENDREDI 16 juin à 19h00 | Louxor à Paris
VENDREDI 16 juin à 21h45 | Ciné 104 à Pantin

MUES | Daniel Nehm | 2017 | Couleur | 19′ | 16mm sur vidéo
« Mues » est un film sur un terrain en transformation. Un terrain à la périphérie de la ville, espace délaissé pendant des années, un interstice urbain. C’est l’histoire d’un entre-deux, de ceux qui parcourent ce terrain, qui le traversent, qui l’ont habité et qui imaginent son avenir.
Côté Court
Louxor


JEUDI 22 juin à 20h
Le BAL, 6 Impasse de la Défense, 75018 Paris

MUE(S) | Frédérique Menant | 2015 | N&B | 10′  |  16mm

Dans une séance du cycle « Matérialismes à l’œuvre » : “La matière à l’épreuve du corps”

J’ai traversé les solstices
Dans l’ombre, un souffle
Sous la peau, un passage

Ce film est le fruit d’une résidence de création avec la plasticienne Nathalie Menant pour l’installation MUES. 10 femmes en difficulté, suivies par l’association Joséphine, ont accepté de devenir modèles.
Le BAL